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30 juin 2022

En pleine crise russo-ukrainienne, l’Algérie regrette déjà la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe


Publié par Gilles Munier sur 24 Février 2022, 08:30am

Catégories : #Algérie, #Maroc

Par Ilyes Aribi (revue de presse : Maghreb Intelligence – 22/2/22)*

En pleine crise ukrainienne avec une probable guerre qui sera lancée par la Russie, les cours internationaux du gaz naturel sont en train d’exploser et l’Europe cherche désespérément des alternatives rapides à la dépendance gazière vis-à-vis de la Russie. A Alger, cette nouvelle conjoncture qui va marquer de nouvelles augmentations des prix du gaz naturel nourrit une profonde réflexion et beaucoup de regrets. Oui, des regrets qui sont exprimés aujourd’hui au sein la compagnie algérienne des hydrocarbures Sonatrach comme au sein du gouvernement algérien par des voix qui montent au crescendo pour déplorer la fermeture hâtive du Gazoduc Maghreb-Europe depuis la fin octobre 2021.

Avec ce gazoduc dotée d’une capacité de 12 milliards de m3/an, l’Algérie aurait pu gratter d’importants marchés en Europe en pleine crise ukrainienne ce qui lui aurait permis d’engranger de précieuses nouvelles recettes en devises au moment où le pays en a grandement besoin pour faire face aux conséquences de la crise financière qui l’étouffe. Même si les capacités de production sont affaiblies par une demande nationale qui s’empare de 52 % du gaz naturel produit par la Sonatrach et ses partenaires, l’Algérie aurait pu convaincre de nouveaux investisseurs étrangers à l’aider à défricher ses réserves de gaz naturel en profitant de ses infrastructures stratégiques, à savoir trois gazoducs la reliant à l’Europe.

Mais la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe a privé le pays d’un sérieux et précieux atout économique. Aveuglé par sa logique anti-marocaine, l’Algérie constate aujourd’hui qu’elle perd des opportunités pour gagner davantage d’argent et asseoir sa puissance régionale sur le plan économique. Dans ce contexte, les dirigeants algériens ont peur que les futurs grands investisseurs étrangers dans le gaz naturel profiteront essentiellement à la Libye voisine dont les réserves sont beaucoup plus importantes et les dirigeants libyens n’ont aucune volonté d’entretenir des tensions avec d’autres pays de la région. L’Algérie sortira perdante de cette nouvelle conjoncture énergétique qui se dessine aujourd’hui en Méditerranée. Cette angoisse étouffe les dirigeants algériens plus que jamais divisés sur le sort réservé au gazoduc Maghreb-Europe.

*Source : Maghreb Intellig

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