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24 septembre 2022

LE TERRORISME AU SAHEL, NOUVELLE ARME FRANCAISE D’ASSUJETTISSEMENT


 LE TERRORISME AU SAHEL, NOUVELLE ARME FRANCAISE D’ASSUJETTISSEMENT

De : Fernent Birane <[email protected]>

: lundi 21 mars 2022 16:22À :

LE TERRORISME AU SAHEL, NOUVELLE ARME FRANCAISE D’ASSUJETTISSEMENT

  • INTRODUCTION

 

  • DESTABILISATION, MODE D’EMPLOI

 

  • LE TERRORISME, OUTIL ALTERNATIF POUR LES ETATS VOYOUX

 

  • UNE ASSISTANCE QUI AGGRAVE LE MAL

 

  • DOCTRINE DU CONTROLE MILITAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE, CAS DU MALI

 

  • DU COUP D’ETAT COMME PROLONGEMENT DES LUTTES POPULAIRES

 

  • LE RETOUR A LA PAIX PAR LA CONQUETE DE LA SOUVERAINETE D’ETAT

 

  • REPONSES AUX RUMEURS SANS FONDEMENT DISTILLEES PAR LA FRANCE NEOCOLONIALE

 

  • CONCLUSION

La France coloniale, sentant à la fin des années 50 que la montée en puissance du mouvement de libération nationale allait à terme balayer sa domination en Afrique, mit en place une stratégie de « décolonisation » destinée à couper l’herbe sous les pieds des mouvements nationalistes naissants. Il s’agissait, sans rien changer d’essentiel à la domination coloniale, de faire en sorte « d’octroyer une indépendance » tronquée à des ensembles coloniaux balkanisés dont les nouveaux Etats resteraient liés à la puissance coloniale par une série d’accords de « coopération, » destinés à vider leur souveraineté de tout contenu concret. Ces accords imposés aux dirigeants des Etats africains complices ont permis à la France d’exercer pendant plus de soixante années, son contrôle totalitaire aux plans juridique, politique, économique, monétaire, militaire, éducationnel, linguistique et culturel. DESTABILISATION, MODES D’EMPLOIPour donner, aux yeux de l’opinion africaine et mondiale une justification durable à ce contrôle, il fallait le faire correspondre à une nécessité, à une demande vitale des pays intéressés. C’est là qu’intervient le second volet de la stratégie de domination française consistant en deux modes d’action souvent associés et complémentaires :-La création ex-nihilo de menaces existentielles pour les Etats sous sa coupe et -la mise à profit et l’exploitation d’antagonismes latents au sein des Etats néocoloniaux. Dans le cadre du premier mode d’action, la France s’est servie pendant « la Guerre Froide » de la « menace communiste » pour d’une part déstabiliser les Etats qui tentaient de remettre en cause son emprise (Guinée avec le NON au Referendum, Togo avec l’assassinat du Président Sylvanus Olympio, Sénégal avec l’arrestation du Président du Conseil Mamadou Dia, Nigeria avec le soutien à la sécession du Biafra…) et d’autre part justifier sa répression des mouvements nationalistes (Cameroun, Tchad…) tout en assurant sa mainmise sur les Etats qui manifestaient une résistance moindre. L’initiative d’agression en 2011 contre la Libye et de destruction de ses structures étatiques relève de ce mode d’action. C’est en effet en véritable fauteur de guerre que Sarkozy, avec le soutien de l’OTAN et l’aval de l’ONU, a attaqué la Libye sous le faux prétexte de création d’une « zone d’exclusion aérienne » pour « protéger » les habitants de Benghazi. L’opération a conduit à l’expansion du terrorisme au Sahel dont les Etats, mal préparés et incapables de faire face à la menace, ont été obligés de demander secours à une France qui n’attendait que cette occasion pour reprendre pied dans la sous-région et y étendre son contrôle militaire. Il s’agit ici d’initiatives criminelles de grande envergure permettant de déstabiliser puis de contrôler sur une échelle sous-régionale tous les Etats échappant ou tentant d’échapper au contrôle français. Les effets de ces actions hostiles ont suscité et aggravé des tensions internes qui se sont répercutées négativement sur le tissu social de la sous-région en même temps qu’ils ont affecté des Etats montrant plus de docilité… comme pour leur faire comprendre la nécessité de demeurer sous l’aile de la « France protectrice. » Dans le second mode d’action, il s’agit de susciter des tensions et crises périodiques, d’exacerber des antagonismes, de remuer des plaies mal cicatrisées pour toujours donner aux dirigeants des Etats néocoloniaux du « grain à moudre », des soucis de sécurité nécessitant le recours à cette puissance qui assure leur stabilitéDans ce genre de situation, la manœuvre française telle qu’elle a été observée a consisté, non à soutenir clairement l’Etat néocolonial qu’elle contrôle, mais plutôt à s’engager des deux côtés et à « tirer les ficelles » d’un antagonisme qu’elle utilise à ses propres fins. Une telle duplicité, illustrant le principe impérialiste du « diviser pour régner » a été observée durant la crise ivoirienne où la France a, tour à tour appuyé et combattu le régime du Président Gbagbo tout en soutenant clandestinement, par l’intermédiaire de son agent Blaise Compaoré, la rébellion de Ouattara et Soro.Durant la crise sénégalo-mauritanienne de 1989, les « coopérants » militaires français et autres agents du renseignement détachés auprès des deux parties, ont travaillé de concert pour gérer les hostilités en fournissant des faux renseignements et en manipulant les deux pays. Plus récemment, les forces françaises accourues en 2012 au secours du Mali face à l’avancée des terroristes vers Bamako, ont permis aux autorités maliennes de repousser la menace mais ont par la suite pactisé avec les rebelles du MNLA et refusé l’entrée à Kidal de l’Armée malienne. Les rebelles ont ainsi pu avoir du répit pour se renforcer, s’organiser et asseoir leur emprise sur le Nord-Mali, prélude à une possible partition du pays. Dans le cas du génocide rwandais de 1994, la France, pour maintenir son contrôle sur le pays en se rendant indispensable à la survie du régime de Habiyarimana, a profité de l’antagonisme ethnique préexistant pour encourager et soutenir des génocidaires qui ont compté sur sa « réassurance » pour perpétrer les massacres.LE TERRORISME, OUTIL ALTERNATIF POUR LES ETATS VOYOUXC’est dans le cadre de ces modes d’action définis et dans le but de maintenir le contrôle néocolonial, que les stratèges français ont pensé pouvoir profiter du caractère clandestin du terrorisme pour mener en Afrique une « guerre » de l’ombre où le pyromane « invisible » serait aussi le pompier « au grand jour. »Le Terrorisme, forme de violence politique clandestine et non-déclarée, utilisant des méthodes non-conventionnelles, moralement prohibées et ciblant des personnes ou des points sensibles militaires ou civils mal et/ou non-défendus, est une vieille forme de combat utilisée par des groupes en position d’infériorité. Son objectif principal est de maintenir la pression sur l’adversaire, de disperser son effort de défense et de saper le moral de la population qui le soutient. Au-delà de l’impact militaire souvent faible de l’action terroriste, la pression psychologique sur l’Etat et la population, constitue l’effet majeur du terrorisme. En faisant peser un climat général de peur et d’insécurité, les terroristes réussissent à impacter considérablement la vie nationale. La psychose qu’ils installent peut paralyser sinon profondément affecter la vie politique et sociale du pays (exemple, enlèvement de Soumaila Cissé, chef de l’opposition malienne) et obliger la population à modifier et restreindre ses activités quotidiennes.L’action terroriste contribue aussi à ruiner la confiance vis-à-vis des institutions et à semer la discorde entre les groupes ethniques et sociaux de la nation ciblée. Avant l’occupation du terrain et la conquête du pouvoir politique, le succès de la subversion terroriste, qui vise à paralyser sinon à perturber le bon fonctionnement de l’Etat, se mesure à l’impact qu’elle crée sur la vie sociale.Associés à une campagne de désinformation planifiée, les actes terroristes peuvent être à l’origine de troubles très graves dans de nombreux pays africains où la question identitaire est encore d’actualité.Il est à noter que cette forme de violence corrosive, masquée et sans signature peut être employée par les Services de Renseignement de tous les Etats disposant généralement dans leurs organigrammes d’une section ultrasecrète dédiée à l’Action Clandestine. L’emploi par des services de renseignement officiels de terroristes notoirement connus a été très souvent documenté par des chercheurs spécialisés qui ne voient aucune contradiction dans cette « coopération entre gens de l’ombre. » C’est en combinant harmonieusement et dans la durée leurs actions diplomatique, informationnelle, économique, militaire et secrète que des Etats comme la France arrivent à imposer leur contrôle coercitif sur de nombreux pays tout en maintenant un faux semblant d’honorabilité. C’est ainsi qu’il convient de saisir l’action globale du gouvernement français dont la stratégie impérialiste de « grandeur » repose sur le contrôle néocolonial du « pré-carré » africain. La recrudescence du phénomène terroriste et sa rapide expansion en Afrique sub-saharienne est le résultat direct de cette option initiée par la destruction de l’Etat libyen.UNE ASSISTANCE QUI AGGRAVE LE MALCe n’est d’ailleurs pas par hasard que l’intervention militaire française au Sahel ait coïncidé, malgré tous les moyens mis en œuvre, avec la montée en puissance des groupes terroristes, l’approfondissement de leur assise sociale et l’extension de leur champ d’action. Ainsi, on ne peut que s’étonner du peu de résultats obtenus en 10 ans d’intervention si on observe le volume des forces que la France a réussi à mobiliser dans le cadre de la crise du Sahel : -La force française « Barkane » forte de plus de 5000 hommes disposant de matériels et de savoir-faire de pointe (avions de chasse, hélicoptères de combat, drones, satellites de géolocalisation, centres d’écoute des télécommunications, optique de vision nocturne…) et bénéficiant du soutien « logistique et renseignement » des Etats Unis, -Les forces spéciales européennes dans le cadre de « Takuba » composées d’un personnel d’élite et dotées des techniques de combat les plus modernes,-Les instructeurs Européens dans le cadre de l’EUTM (Mission de Formation de l’Union Européenne) en charge de la formation des militaires maliens qui sont venus renforcer : -Les cinq (5) armées nationales du G5/Sahel (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina et Tchad) et-La MINUSMA forte de plus de 14 000 hommes avec des troupes au sol très bien équipées et dotée d’une Force de Réaction Rapide.On peut noter que malgré (ou à cause) de ce déploiement étranger qui ne compte pas se retirer du Sahel, le terrorisme, animé par des bandes armées hétéroclites, opérant divisées par un antagonisme idéologique, sans formation sérieuse et doté d’un matériel rudimentaire, a réussi à survivre et s’étendre. Bien plus, le terrorisme fait plus que jamais peser une menace pressente sur toute la bande sahélienne tout en lançant des assauts meurtriers dans les pays du Golfe de Guinée qui sont désormais sur sa ligne de mire. On pourrait conclure que l’échec programmé de la France dans cette lutte antiterroriste et le redéploiement de ses troupes vers le sud sont les signes que cette puissance est arrivée au Sahel pour y rester et n’a pas l’intention de quitter la sous-région. Même après sa récente expulsion du Mali, centre de gravité de la lutte antiterroriste et cible de première intention de son intervention, la France maintient son projet initial de contrôle militaire du Sahel. On voit d’ailleurs le Commandant-en-chef de « Barkane », humilié par la déconvenue malienne et face une opinion anti-néocoloniale en flèche, adopter un « profil bas » qui cache mal son intention de proposer « ses services aux Etats qui en feraient la demande. » Malgré les clauses de style adoptées pour ne pas hérisser une opinion devenue consciente du jeu de la France, le projet du contrôle militaire de l’Afrique repose sur une logique qu’il serait nécessaire de déchiffrer sur la base de faits observés au cours de sa mise en œuvre. DOCTRINE DU CONTROLE MILITAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE, CAS DU MALILa crise au Sahel a fait que les Etats exposés à la menace terroriste créée et amplifiée à dessein, se sont vus « offrir » « l’assistance » de la France qui a profité du chaos pour étendre et pérenniser son contrôle militaire néocolonial. Dans la pratique, les forces françaises, imbues de leur « supériorité sur tous les plans », prennent, une fois sur le terrain, le contrôle et la conduite des opérations militaires en ignorant sinon en se subordonnant le commandement de l’armée nationale réduit parfois à un rang de supplétif dans son propre pays.L’illustration la plus choquante de cette attitude d’un autre temps qui a été révélée par le Premier Ministre malien Choguel Maiga, a été l’interdiction faite par les français aux unités militaires maliennes dirigées alors par le Colonel Assimi Goita, d’entrer dans la ville de Kidal livrée aux sécessionnistes du MNLA. C’est justement cette nouvelle colonisation, cette humiliation qui prend la forme d’une subordination des armées nationales à des forces étrangères, qui a été avalisée par les gouvernements successifs de Dioncounda Traore et de Ibrahim Boubacar Keita. Les militaires maliens ont vécu dans leur chair cette honte qui est à l’origine des « deux coups d’Etat » (sic) et du divorce en cours entre Bamako et Paris. C’est dans cet esprit déloyal que la France structure ses relations militaires avec les forces armées africaines qu’elle prétend assister. A cet égard, on doit noter que contrairement à toutes les bonnes pratiques reconnues au niveau international entre partenaires d’égale dignité, les forces françaises en Afrique, en se refusant à constituer avec les armées des pays-hôtes, un commandement intégré et conjoint, se comportent en véritables forces d’occupation étrangère. En tant que structure multinationale, l’Etat-major intégré permet à toutes les forces combattant le même adversaire sur un théâtre d’opération donné, de créer entre elles un climat de confiance indispensable, de mettre en commun leurs moyens, de tirer profit des apports spécifiques de chaque composante et de coordonner leurs actions en minimisant les cas de mésentente qui pourraient profiter à l’ennemi et aussi occasionner un échange de feu entre forces amies. En lieu et place d’une telle structure de confiance, de solidarité et d’amitié, respectueuse des commandements nationaux, les forces d’intervention françaises ont unilatéralement établi leur quartier général à Ndjamena (Tchad) et pris le contrôle des opérations militaires avec l’assentiment d’autorités politiques néocoloniales peu soucieuses de la souveraineté de leurs pays, des sentiments de fierté de leurs soldats et de la dignité de leur peuple. Cette même logique a présidé à la mise en place de l’Etat-major du G5/Sahel que la France parraine mais sans y intégrer le commandement de son dispositif « Barkane. »Bien au contraire, les forces françaises, dans leur souci de suivre constamment « la situation amie, » ont détachés auprès des commandements nationaux et de celui du G5/Sahel un nombre impressionnant d’officiers de liaison, de conseillers techniques, d’attachés militaires et de formateurs qui leur communiquent en permanence des renseignements sur le moral des hommes et leur aptitude au combat, l’attitude des chefs, les plans, les activités, les équipements, les forces, les faiblesses, les difficultés et les besoins ainsi que les relations avec les pays tiers. Cette incrustation dans les structures militaires nationales et dans la formation donne à la France la possibilité d’influencer la promotion aux principaux postes de responsabilités d’éléments qui lui sont les plus favorables et de placer dans la hiérarchie des « taupes » en mesure de renseigner et/ou de confirmer le renseignement obtenu. Une telle mine d’informations permet à la France de disposer d’une longueur d’avance sur la planification nationale et de manipuler en sa faveur et parfois au grand dam du commandement militaire, le pouvoir politique à sa solde. Cette puissance du « réseau français, » permet d’influencer les options majeures d’équipements en armes au profit de l’industrie de défense française et d’écarter du circuit du commandement tous les chefs militaires manifestant une quelconque indépendance d’esprit vis-à-vis de la France. Cette attitude constante, dominatrice et solitaire a été aussi observée durant la crise ivoirienne de 2002 pendant laquelle la France n’a jamais envisagé que sa force « Licorne » de 5600 hommes soit intégrée au dispositif onusien de maintien de la paix ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire.) Le manque de confiance et peut-être même le mépris profond du commandement français vis-à-vis des collègues africains pourraient expliquer la volonté des français de se soustraire de tout engagement formel pour toujours conserver une liberté d’action qu’un Etat-major intégré ne pourrait qu’entraver. Dans la pratique on voit nettement que la France se refuse en permanence à intégrer un système qui placerait ses soldats sous les ordres d’un chef africain.Par ailleurs et pour protéger au plan juridique son personnel de toute poursuite liée à d’éventuels actes criminels et/ou délictueux, la France a pris soin de faire signer aux autorités néocoloniales une clause d’impunité qui engage la responsabilité du pays-hôte en substitution à celle de ses nationaux rendus non-justiciables dans le pays concerné. On peut constater qu’une telle disposition de protection juridique des personnels des forces d’intervention françaises n’est pas spécifique au Mali ou à « Barkane. » C’est une règle générale applicable aux fonctionnaires civils et militaires stationnés dans les bases françaises en Afrique que la France a imposée aux Etats africains sous sa coupe. Voilà comment s’explique le fait qu’on ne voit jamais de militaire français devant les tribunaux de Dakar, Abidjan, Libreville, Ndjamena ou Djibouti malgré les crimes et délits auxquels ils sont parfois impliqués.C’est ainsi que les « dégâts collatéraux » résultant du bombardement d’une fête de mariage à Bounty (Mali) par l’aviation française le 02 Février 2021 et qui a fait 19 morts et 8 blessés ne donneront lieu à aucun procès ou indemnisation de la part de la France, totalement absous du fait de la clause signée.Pire, aucune excuse ou présentation de condoléances ne devra être attendue de cette puissance qui s’obstine à affirmer avoir ciblé des terroristes malgré le résultat sans équivoque de l’enquête des Nations Unies.Le Sahel et ses habitants livrés par leurs dirigeants, offrent ainsi à la France un champ d’expérimentation idéal et sans conséquence juridique, pour ses systèmes d’armes et procédés de mise en œuvre. De surcroît, en maitresse des lieux, la France ne se prive pas d’inviter ses partenaires européens à « participer au festin » sans l’aval d’Etats qui ont fini d’abdiquer leurs droits souverains. L’incident consécutif au débarquement en 2021 au Mali d’un contingent danois devant entrer dans composition de la force « Takuba » et arrivé sans l’aval des nouvelles autorités, illustre la manière cavalière dont se comporte la France en Afrique.Ceux qui suivent la situation savent, bien avant « Barkane », que les forces françaises « pré positionnées » depuis 1960 à Dakar, Abidjan, Bouar (RCA, jusqu’en 1997), Libreville, Djibouti et Ndjamena ont toujours eu la même attitude néocoloniale en recevant sur leurs bases les navires et/ou les aéronefs d’autres pays européens sans même en informer les pays-hôtes.C’est donc ce partenariat inégal mis en place qui permet au commandement français de prendre le contrôle du théâtre d’opération, en piétinant la souveraineté des Etats et en soumettant toutes les initiatives des armées nationales à sa propre planification et à ses seuls aux intérêts nationaux. Dans le cas du Mali par exemple, l’usage de l’espace aérien soumis à l’accord des forces françaises, a été sévèrement restreint pour l’armée de l’air malienne en raison « d’une nécessaire coordination » ou parfois à cause « d’activités françaises d’entrainement aérien dans le secteur concerné. »Ainsi l’aviation malienne a été paralysée dans ses missions et maintenue au sol avec la promesse que « Barkane », doté de moyens plus performants, assurerait la couverture aérienne des unités maliennes. Du fait de cette dépendance, les forces terrestres maliennes se sont souvent plaintes que le soutien aérien promis par la force « Barkane » pendant leurs opérations ne vienne pas du tout ou vienne avec retard…pour juste constater les dégâts.L’inconvénient de divulguer la planification nationale à une force étrangère qui a ses propres objectifs, le délai de remontée de l’information venant du terrain et celui que prend la mise en place du soutien aérien à partir de bases lointaines (Niger ou Tchad) ont aussi été de sérieux handicaps pour les troupes maliennes.Il est ainsi compréhensible que l’ennemi terroriste soit le grand bénéficiaire d’une telle ambiance de défiance et de déficit de coordination entre forces opérant suivant des agendas politiques différents. Privées d’un soutien efficace venant des airs, les forces terrestres perdent un élément essentiel à la planification, au renseignement, à la protection et à la riposte. Elles sont ainsi rendues très vulnérables parce qu’exposées aux attaques ennemies qu’elles ne peuvent anticiper. C’est avec ces entraves imposées par les forces françaises que les armées nationales affrontent les groupes terroristes qui ont l’avantage de la clandestinité et de l’initiative et qui maitrisent le terrain par la pose de pièges et d’engins explosifs. C’est ainsi que s’expliquent les revers cinglants, l’extension des zones contrôlées par les terroristes et les immenses pertes subies par l’armée malienne durant ces quelques dix ans de partenariat inégal avec la force française « Serval » puis « Barkane. » A l’observation, on peut affirmer avec certitude que l’attitude des forces françaises sur le terrain prouve que Paris ne souhaite pas la fin du terrorisme qui est en fait un alibi à sa politique néocoloniale de maintien du contrôle militaire du Sahel. Ainsi, l’amère expérience vécue durant ces années d’intervention et de contrôle militaire a permis aux nouvelles autorités maliennes de comprendre la vraie nature du jeu politique de la France. De cette sanglante leçon est née la volonté de développer une stratégie nationale autonome de lutte contre un terrorisme qui avait fini d’affecter 80% de la superficie et de gangrener tout le pays. DU COUP D’ETAT COMME PROLONGEMENT DES LUTTES POPULAIRESEn passant, on peut dire que dans le cas du Mali, la prise du pouvoir par les militaires a marqué l’aboutissement d’une intense période de lutte patriotique faite de manifestations contre l’insécurité, de protestations contre la corruption et de grèves syndicales. Cette prise de pouvoir s’est révélée être un moment salvateur face l’incurie d’un régime néocolonial sourd aux appels de détresse de la population, corrompu à souhait et à genoux devant l’impérialisme français qui humilie les soldats, déstabilise le pays et tente de diviser la nation.En condamnant par principe l’irruption des forces armées dans la vie politique, on devrait reconnaitre que le renversement du pouvoir néocolonial survenu au Mali en 2020 et 2021, a constitué une avancée vers la libération du pays et freiné la descente aux enfers qui menaçait de le désintégrer en semant le chaos dans toute la sous-région…ce qui aurait constitué « une aubaine » pour le néocolonialisme. A cet égard, cette forme de prise du pouvoir qui a été le prolongement d’une longue lutte du peuple contre le régime corrompu de IBK, est à distinguer du coup d’état opéré en 1968 par le Lieutenant Moussa Traoré qui a notamment, par le retour à la Françafrique, l’abandon de la monnaie nationale et de l’option d’industrialisation qui avait bien débuté, remis en cause les mesures progressistes du gouvernement du Président Modibo Keita. On se souvient qu’une situation analogue, faite d’intenses luttes populaires ponctuées par un bain de sang, avait aussi amené le Colonel Amadou Toumani Toure (ATT) à se saisir du pouvoir en 1991 sans pour autant conduire à une remise en cause de l’option néocoloniale du régime dictatorial de Moussa Traore.En fait la crise qui a secoué le Mali ces dernières années, l’immixtion de la France et l’embargo sous-régional contre ce pays en lutte, représentent un cas d’école digne de réflexion pour les patriotes africains qui saisissent par cet exemple, la nature réelle du fétichisme attaché aux élections néocoloniales souvent truquées et tronquées. C’est en effet par le biais d’élections précipitées dans un pays affecté par l’insécurité sur 80% de superficie, que la France a vainement cherché à remettre en selle un régime qui lui serait favorable. Si le complot français avait réussi, on aurait assisté à un changement d’équipe gouvernementale sans changement de politique avec une recrudescence du terrorisme et une tendance à la désintégration plus prononcée.Effectivement, il y avait de fortes chances que les partis serviles de « l’establishment » traditionnel, qui ont définitivement renoncé à la souveraineté d’Etat et intériorisé le néocolonialisme comme forme normale de gouvernement, annihilent les victoires du mouvement populaire en « remportant » une mascarade électorale qui ne concernerait que 20% du pays.L’opposition résolue du gouvernement et du peuple malien à ce scenario néocolonial et qui a valu au pays une pluie de sanctions illégales, représente le nœud de la crise franco-malienne en cours.De ce fait le Mali, levant haut l’étendard de la libération africaine, mérite le soutien de tous les patriotes africains. Par ailleurs, il est heureux de noter que les chefs de l’armée malienne se soient abstenus, face à une situation politique, sociale et militaire dangereuse pour la nation, de s’associer à la répression des aspirations populaires et aient pris le parti du peuple malien assoiffé de liberté en destituant un régime de trahison nationale à la botte du néocolonialisme français. Toutefois, il reste, en faisant face au boycott illégal imposé au pays, à initier d’indispensables reformes devant raffermir l’orientation progressiste entamée.Dans ce cadre, la lutte contre l’insécurité et le retour à la paix qui revêtent une importance capitale, appellent une politique réfléchie combinant l’emploi de la force coercitive et de la conciliation entre groupes ethniques et sociaux dont la cohésion a été mise à mal par la violence subversive imposée du dehors. LE RETOUR A LA PAIX PAR LA CONQUETE DE LA SOUVERAINETE D’ETATLes sources de cette violence entre nationaux maliens qui fait le jeu du néocolonialisme, doivent être soigneusement analysées et traitées dans un esprit de compréhension, de pardon, de concessions réciproques et de réconciliation.Une telle approche a longtemps été un point d’achoppement avec les représentants français qui privilégiaient l’emploi à outrance d’une violence qui aurait éloigné les perspectives de paix. Même le gouvernement du Président IBK avait fini par comprendre l’impasse à laquelle le conduisait l’option française.En fait, un Mali en paix parce que réconcilié avec lui-même rend la présence militaire française inutile.Le début de mise en œuvre en 2021 de cette stratégie qui a déjà enregistré des succès notables sur le terrain, exige l’adoption d’une approche globale et souveraine combinant les aspects politiques, diplomatiques, économiques, informationnels, éducationnels, moraux et militaires d’une lutte durable contre le néocolonialisme et ses tentatives de déstabilisation dont le terrorisme n’est que l’un des outils. Cette compréhension profonde de la nature du conflit qui mine le Sahel est la clé d’une politique nationale de riposte victorieuse. Ainsi, au plan politique, il est indispensable que la direction du pays adopte un programme cohérent et durable de sortie de la domination néocoloniale française. Ce programme doit embrasser tous les aspects de la vie nationale. Il doit être assumé et pris en compte par la grande majorité de la population qui aura compris le bien-fondé des sacrifices qu’il implique.Pour assurer l’adhésion du peuple, disposer de ressources nécessaires et promouvoir la cohésion et l’esprit de discipline et de sacrifice au sein des forces de sécurité, il est indispensable de développer une politique de réduction drastique le train de vie de l’Etat et de lutte résolue contre la corruption au sein de l’administration civile et militaire. Soumettre les responsables soupçonnés de corruption à une justice diligente qui prononce des sanctions exemplaires en récupérant les biens mal acquis, serait une mesure de découragement de tels comportements caractéristiques des régimes néocoloniaux.La réduction du train de vie de la haute administration devrait se traduire par la suppression des dépenses de prestige et le « dégonflage » des structures étatiques pléthoriques pour que l’accent soit mis sur les investissements productifs et celles relatives à l’éducation, la santé et la sécurité. Au plan diplomatique, le pays doit promouvoir une politique panafricaine courageuse de démarcation vis-à-vis du néocolonialisme français et de solidarité avec les pays et les forces animés du souci de libération du continent.La dotation d’équipements performants aux forces de sécurité et leur formation de qualité étant indispensables, il sera à cet effet nécessaire de développer au plan international, des relations solides, diversifiées et respectueuses de la souveraineté nationale. Une vigilance devrait toutefois être observée vis-à-vis des activités liées au prosélytisme religieux et aux œuvres « charitables » de certains Etats du Moyen-Orient qui tendent à promouvoir dans la sous-région, des courants religieux sectaires et intolérants. Un contrôle devrait aussi s’exercer sur les enseignements dispensés dans les centres de formation que ces pays financent.Au plan économique et financier, le pays doit envisager et planifier sa sortie du système monétaire néocolonial du CFA de préférence en concertation avec ses voisins ou à défaut tout seul.Au plan informationnel, il sera indispensable de sensibiliser les citoyens à ce combat de libération nationale et de créer un climat d’entente entre toutes les ethnies et les forces sociales du pays. Il faudrait s’opposer à toute stigmatisation régionale, ethnique, linguistique et religieuse en ouvrant la sphère politique, administrative et médiatique à toutes les forces vives de la nation. Il est essentiel de renforcer les liens et de fédérer toutes les composantes nationales pour ôter à la France et aux groupes terroristes qui sont ses alliés objectifs, tout alibi d’ingérence et de subversion. Le nouvel Etat souverain devrait s’attaquer dès le départ à l’éducation d’un nouveau type de citoyen patriote, pétri d’intégrité et de courage moral. Ce volet humain du plan d’action global représente, dans le cadre de la pérennisation de l’option souveraine, un défi de premier ordre. Dans cette perspective, l’exemple devrait venir des dirigeants à tous les niveaux : le culte de l’effort, la ponctualité, la propreté, le rejet de toute forme de tricherie, le retour aux valeurs ancestrales d’honneur et de probité, la compétence, le respect de la parole donnée, la concertation avant les décisions, la fermeté dans leur mise en œuvre devraient être propagés dans l’éducation formelle et la société. Au plan de l’aménagement du territoire, la promotion d’une politique de rééquilibrage dans l’accès à l’éducation et aux soins de santé et de développement d’infrastructures de communication permettant le désenclavement est indispensable. Cette option permettant le libre exercice par la population de ses activités licites, représente un volet essentiel de la lutte anti-terroriste.Ce programme de cohésion nationale doit se refléter dans la composition des forces de sécurité dont il est indispensable d’ouvrir l’accès à toutes les composantes de la nation.En résumé, la lutte anti-terroriste actuelle est essentiellement un combat politique pour la souveraineté d’Etat engageant tous les aspects de la vie nationale et devant faire l’objet d’une large planification formulée et mise en cohérence dans une Stratégie de Sécurité Nationale. C’est cette vision globale, qui permettra aux Etats africains de faire face victorieusement aux manigances de la France néocoloniale dans sa tentative désespérée de maintenir sa domination sur la sous-région en instrumentant le terrorisme. C’est aussi sur cette base solide que devra reposer une stratégie militaire efficace de lutte anti-terroriste dont la première mesure devrait de s’attaquer à l’édification et à la réforme du secteur de la sécurité nationale.Cette tâche gigantesque devrait commencer par une évaluation et une mise à niveau de la formation des personnels appelés à commander et à mettre en œuvre la politique de sécurité de l’Etat, à défendre le peuple, ses activités licites, son territoire et ses institutions républicaines.Cette formation devra insister sur les aspects physiques, techniques et moraux propres à l’institution militaire en tant qu’épine dorsale du pouvoir d’Etat.Une forte sensibilisation au sacerdoce, à l’éthique militaire et au respect des lois et règlements devrait être insufflée à ces personnels appelés à faire usage de la force légitime pour défendre la patrie et imposer si nécessaire les lois que le peuple s’est librement données. Sans cette base morale indispensable, l’Etat court le risque d’armer des personnels de faible caractère qui, à l’instar d’un tristement célèbre Capitaine burkinabè Blaise Compaoré, sont en mesure de trahir à tout moment la mission sacrée qui leur a été confiée. Un service de d’inspection autonome du commandement devrait suivre et vérifier la conformité aux lois, règlements et directives des actes des chefs et l’observation des droits des militaires et fonctionnaires civils de la République.Une attention particulière devrait être accordée au respect des droits des citoyens vivants dans les zones de conflits pour que toute exaction soit sanctionnée par des tribunaux militaires indépendants de la hiérarchie.Cette attention et ces garanties accordées aux droits des citoyens, au respect de leurs vies, de leurs propriétés et de leur dignité sont les gages d’une égalité de traitement de tous devant la loi et donc de la sanction des excès et de la fin des privilèges liés à l’impunité. C’est aussi la seule réponse aux dénonciations et critiques très souvent adressées aux forces sécurité dont se délecte la propagande néocoloniale. A partir de ce solide socle moral, la stratégie de sécurité nationale devra s’articuler sur une réflexion approfondie basée sur les recherches et analyses d’un service renseignement performent parce que disposant d’un maillage humain et électronique couvrant toutes les strates de la société ainsi que les forces opérant dans la sous-région et les Etats voisins. Par ailleurs, pour orienter les actions de sensibilisation sans stigmatiser ou cataloguer les groupes ethnolinguistiques, la recherche devra identifier les causes sociologiques et les composantes des bandes armées et leurs modes de recrutement.Pour annihiler les opérations terroristes sinon en réduire les effets, il faudrait que soit adoptée une stratégie anticipative basée sur la connaissance de leurs modes d’action (fréquence, durée, zones d’actions, zones de mise en condition, de restauration des forces et de refuge…) Il faudrait aussi disposer d’une documentation avérée sur les supports logistiques du terrorisme souvent basés sur le trafic illicite (marchandises, drogue, humain, armes et munitions…)Le renseignement doit aussi retracer les circuits de provenance des matières, matériels et ingrédients permettant aux terroristes de vivre (impôts sur la population, vol de bétail et extorsion de récoltes, exploitation illégale de minerais…) et d’opérer (armes et munitions, motocyclettes et autres moyens de déplacement, carburant, pièces de rechange, engrais et pesticides servant à fabriquer des explosifs …)L’isolement du théâtre d’opérations par un strict contrôle des frontières (check-points, patrouilles fréquentes et emploi de drones…) est indispensable pour « assécher le marigot » en coupant l’ennemi de ses sources d’approvisionnement avant toute phase majeure de requête du territoire. Dans le cadre de cette mission, la collaboration, en dehors du patronage français, avec les forces de sécurité des pays voisins, elles-mêmes victimes du même fléau, est souhaitable.En plus, la recherche, par des unités spécialisées et la mise hors d’état de nuire des personnels experts dans la fabrication des explosifs et des pièges et travaillant pour les terroristes est aussi nécessaire.Toutes ces mesures devraient être complétées par une connaissance fine de la géographie physique et humaine de la zone d’action dont les conditions, contraintes et variations doivent être minutieusement étudiées et prises en compte (désert, zones humides, saisons, présence de l’eau, mouvements humains de commerce ou de transhumance…) C’est sur la base de telles données objectives parce que factuelles qu’il faudrait repenser le recrutement, la formation, l’entrainement, l’équipement, la motivation, l’organisation et le déploiement sur le terrain des forces armées et de polices nationales dont il convient d’améliorer la mobilité et les moyens de détection, de communication et de riposte. Par ailleurs, pour bien étoffer cette connaissance du milieu, des conditions et des paramètres humains et physiques du territoire de guerre, il peut sembler nécessaire de sortir du « cocon strictement militaire » pour faire appel aux ressources des universités et centres de recherches civils. Ces mêmes ressources humaines, qui ont montré durant la phase aigüe de la crise du COVID, leurs immenses capacités d’innovation dans tous les secteurs de la vie nationale (drones, systèmes de surveillance et de détection etc…), peuvent être, à condition qu’elles soient organisées et impliquées dans la lutte, d’un appui considérable dans le combat d’éradication du terrorisme. C’est en fait la tension morale et la mise en synergie, à côté des forces de sécurité et de la population, de tout le potentiel scientifique et technique national, qui pourra assurer la victoire sur une puissance aussi pernicieuse que la France néocoloniale et ses suppôts. Au niveau organisationnel, cette symbiose devrait pousser à la constitution, à côté des forces armées actives, d’une force de réserve composée de citoyens aptes, moralement intègres et désireux de participer à l’effort de sécurisation. La mise à contribution de la jeunesse scolarisée et de celle à la recherche d’emploi devrait permettre son encadrement en vue d’activités sociales valorisantes et sa soustraction aux influences négatives liées à l’usage de la drogue, au trafic illicite, au terrorisme et à l’émigration clandestine.Cette force de réserve devrait comprendre des citoyens des villes et des campagnes soumis à la discipline militaire, entrainés au maniement des armes, organisés et encadrés par les forces de sécurité.Les différents groupes sociaux et ethniques qui ont pris les armes sous la pression de l’insécurité créé par le terrorisme et du fait d’une demande sécuritaire insatisfaite, devraient, suivant une procédure minutieuse être intégrés à cette force de réserve encadrée par les unités régulières. Cette procédure devrait inclure une enquête de moralité, des tests d’aptitude, une formation technique, une sensibilisation au respect des lois et règlements et une inspection périodique des activités menées et du comportement.A la faveur du retour à paix au plan local, ces unités de réserve pourraient progressivement être désactivées avec quelques avantages pécuniers et honorifiques (médailles, prise en charge de soins médicaux, nomination aux postes des chefferies de collectivités locales…) En fait, l’avantage de la mise sur pied d’une telle force de réserve serait, qu’en tant que premier élément de riposte aux actions terroristes, cette force permettrait d’éviter que ces prédateurs déstabilisent la vie sociale en s’emparant, sans rencontrer d’opposition, des biens de la population pour constituer leur logistique.Cette force de réserve pourrait aussi participer à la protection contre le banditisme et donner des renseignements sur les activités liées au trafic illicite.Il faudrait aussi envisager l’emploi des terroristes repentis dans les activités de sécurisation. Sans devoir les équiper d’armes létales, ils pourraient être utilisés dans les services de gardiennage comme vigiles ou dans le cadre de la détection et du désamorçage des mines et pièges qu’eux-mêmes ou leurs amis avaient posés sur les itinéraires.Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre le banditisme, il est essentiel de s’attaquer sérieusement au phénomène du vol de bétail, qui présente le double inconvénient de permettre le ravitaillement des bandes terroristes et de déstabiliser l’économie rurale. A cet effet, il semble nécessaire, à côté des campagnes de vaccination et de la lutte contre les épizooties, de procéder au marquage systémique du bétail par la mise à contribution des techniques informatiques les plus récentes. Certains de ces procédés peu couteux ont été inventés en Afrique et consistent à inoculer une puce dans le corps de l’animal si bien que l’on peut le suivre même en cas d’abattage clandestin. Cette série non-exhaustive de propositions met en exergue le lien étroit qui doit exister entre les efforts pour la conquête de la souveraineté d’Etat et la pratique d’une gouvernance honnête et efficace au service du peuple dans une ambiance de lutte antiterroriste et de subversion néocoloniale. Cette subversion souvent caractérisée par la médiatisation à outrance de messages mensongers, finit si on n’y prend garde, à imprégner les consciences et créer un doute dans l’esprit du public mal informé. Une riposte à ce niveau est nécessaire. REPONSES AUX RUMEURS SANS FONDEMENT DISTILLEES PAR LA FRANCE NEOCOLONIALELa politique néocoloniale française faisant l’objet d’un rejet grandissant au sein de l’opinion, de la jeunesse et de la diaspora africaine, la France a entrepris une vaste campagne médiatique pour influencer les esprits dans le sens du rejet de toutes les alternatives mises en œuvre par les Etats cherchant à se soustraire de sa domination.Ces Etats, leurs forces de sécurité et les pays qui les soutiennent ont fait l’objet d’un puissant battage médiatique, calomnieux, teinté de condescendance et de paternalisme et destiné à délégitimer leur volonté d’affranchissement et à montrer qu’elle est contreproductive et sans issue. Il semble nécessaire, dans le cadre de cette contribution, d’apporter quelques éclaircissements sur cette entreprise de désinformation française. A cet effet examinons une à une les trois principales assertions de cette propagande sans fondement :- 1 « Emploi des mercenaires russes du groupe Wagner » par la République Centrafricaine et le Mali : la RCA nie l’emploi de tels personnels et le Mali dit coopérer avec des conseillers militaires envoyés par les forces armées russes.A supposer même que ces deux Etats travaillent effectivement avec des experts du groupe privé Wagner, seraient-ils les premiers et les seuls à avoir choisi une telle option ? La réponse est assurément non car les USA avec la société « Blackwater » et la France elle-même, avec son tristement célèbre Bob Denard, ont eu recours à des mercenaires au cours de leurs différentes guerres au Proche-Orient et en Afrique.Pour comprendre l’avantage qu’auraient les Etats africains vivant sous la botte du néocolonialisme français à recourir à l’expertise de tierces parties, il faudrait savoir que par sa domination totalitaire et exclusiviste, la France a placé, aux moyens de sa langue et de son occupation du terrain, les pays néocoloniaux africains dans une « bulle » artificielle et hermétique, les isolant totalement de la marche du monde et en particulier de ses progrès scientifiques et techniques. Il faudrait rappeler que dans le domaine militaire, les accords néocoloniaux signés en prélude à « l’indépendance » truquée de 1960 par les Etats concernés, leur faisaient obligation de faire former l’ensemble de leurs officiers militaires en France. Cette situation de monopole dans la formation a verrouillé pendant de longues années, les possibilités des cadres militaires des Etats néocoloniaux, d’acquisition de savoir et de savoir-faire du reste du monde. Delà a résulté un isolement scientifique et technique considérable qui a bloqué l’accès à tout progrès que la France ne pouvait ou ne voulait pas enseigner.Ce blocage a été accentué par la limitation systémique du niveau d’expertise des cadres africains auxquels les « coopérants » français refusaient l’accès à la totalité du savoir-faire dont ils disposaient sous le faux prétexte « qu’ils n’en auraient pas besoin » dans les tâches qu’ils exécutent.On comprend bien que dans l’optique de la pérennisation du néocolonialisme, la France se devait de maintenir un « gap de connaissances » entre ses cadres et ceux des pays qui lui sont soumis dans le but de toujours disposer d’une longueur d’avance sur eux et de justifier ainsi son « assistance » technique. Voilà pourquoi Paris s’est toujours vigoureusement opposée et a toujours essayé de saboter toute tentative de coopération des Etats sous sa coupe avec une tierce partie ; cette coopération brisant le tête-à-tête franco-africain, revenant à une sortie de la « bulle » française et de ses limitations et donnant un degré d’autonomie vis-à-vis du système néocolonial en place. Voilà tout le sens du combat retardateur de la France et de son déchainement médiatique contre la RCA et le Mali.2- « Cruautés et d’exactions exercées par les mercenaires de Wagner sur les populations civiles. » Venant du néocolonialisme français comptable de la situation de crise aggravée que connait le Sahel, cette seconde assertion est juste une argutie pour jeter le discrédit sur des concurrents russes et faire oublier ses nombreux crimes clairement documentés dans la sous-région.S’il s’agissait d’un geste sincère de compassion, la France aurait alors enquêté sur les massacres impliquant ses armées en Côte d’Ivoire lors de l’opération « Licorne », en RCA lors de l’opération « Sagaris », au Mali après les nombreux bombardements ciblant des civils et au plus récemment au Niger pendant le passage controversé de son convoi militaire parti d’Abidjan. 3- « Wagner se fait payer ses prestations par la prise de contrôle et l’exploitation de ressources minières de la RCA et du Mali »Le Premier malien Choguel Maiga a récemment répondu à cette assertion sans la confirmer mais en l’abordant sous l’angle du droit souverain de son pays à faire usage de ses ressources pour faire face à ses besoins légitimes.On peut effectivement se demander de quel droit, si ce n’est de sa volonté de contrôler le Mali, la France néocoloniale s’immiscerait-elle dans le mode de payement d’un Etat souverain vis-à-vis de ses prestataires. Le comportement de la France néocoloniale qui a si longtemps monopolisé et pillé les ressources africaines enlève tout crédit à ses prétentions paternalistes. CONCLUSIONApres des siècles d’oppression et d’exploitation, la France sent que sa politique néocoloniale fait actuellement l’objet d’un rejet grandissant en Afrique et dans sa Diaspora. Dans son effort de pérennisation de cette politique d’un autre temps, elle cherche à déstabiliser les Etats africains sous sa coupe pour donner une justification à sa mainmise.Le terrorisme qu’elle a promu sur une grande échelle en s’attaquant sans raison valable à la Libye est devenu la pièce maitresse de sa stratégie subversive.Conscients de ce fait, les patriotes africains ont le devoir historique de développer une mobilisation unitaire et coordonnée pour faire face à la nouvelle menace. Il apparait ainsi que la conquête de la souveraineté des Etats et la libération des peuples de toute entrave néocoloniale sont à la fois les préalables et les objectifs à viser pour une lutte conséquente contre le terrorisme.Ainsi la victoire sur terrorisme par les moyens propres des africains sera en fait une victoire sur la France néocoloniale. C’est seulement sur la base de cette victoire essentielle, que les peuples africains reprendront l’initiative historique en bâtissant la grande unité panafricaine tant souhaitée. POUR BAMAKO THINK TANK SOUNDIATABANDIOUGOU TRAORE  Zone contenant les pièces jointes

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