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16 août 2022

APSACO 2022 : La sécurité africaine en des temps incertains – La nouvelle donne diplomatique


Publié par Gilles Munier sur 31 Juillet 2022, 09:47am

Catégories : #Afrique, #Maroc

Revue de presse : Maroc diplomatique (28/7/22)*

« La sécurité africaine en des temps incertains », tel a été le thème de la 6e édition d’APSACO, l’une des conférences phares du Policy Center for the New South, organisée cette année à Rabat en présentiel. La conférence s’est tenue les 20 et 21 juillet a traité de l’impact de la guerre Russie-Ukraine sur l’Afrique, de la résolution des conflits sur le continent et de la nouvelle donne diplomatique.

Sur la question des de la nouvelle donne diploimatique, « La tentation est grande d’entrer en concurrence pour des matières premières qui se font rares, mais nous savons que l’inverse – coopérer – est une meilleure option, a analysé Licina Simão, coordinatrice de l’Atlantic Centre aux États-Unis. Il existe une opportunité énergétique pour l’Afrique maintenant, avec des investissements dans ses ressources naturelles, mais le risque serait de créer de nouvelles tensions si c’est fait de manière non coordonnée ».

Le major-général Francis Ofori, commandant du Centre d’entraînement international de maintien de la paix Kofi Annan, au Ghana, a livré ces réflexions : « Même si nous parlons d’une guerre lointaine pour l’Afrique, l’impact s’en fait ressentir sur les « trois F » en anglais : « food, fertilizers and fuel » – l’alimentation, les engrais et les hydrocarbures. Le problème est réel : en 2020, l’Afrique a importé pour 4 milliards de dollars de produits agricoles venant de Russie, et 2,9 milliards de maïs et de blé venant d’Ukraine ».

→ Lire aussi : APSACO 2022 : La sécurité africaine en des temps incertains

Il a poursuivi son analyse en traitant d’un changement de donne diplomatique : « un nombre exponentiel de 35 pays dont 16 en Afrique se sont abstenus aux Nations unies le 2 mars lors du vote sur la guerre en Ukraine. Je suis sûr que les partenaires de l’Afrique se demandent dans quel camp elle se trouve. Les dirigeants africains doivent savoir quelles sont leurs priorités et leurs intérêts ».

Pour Jalal Abdel Latif, Senior Fellow du Policy Center for the New South et Conseiller politique senior sur le Genre et la Pauvreté au sein de la Division sociale de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), « la guerre entre la Russie et l’Ukraine arrive à un moment où l’Afrique, au-delà des conflits traditionnels portant sur les territoires, les frontières, les ethnies ou l’idéologie, est confrontée à des questions de cybersécurité, de mercenaires, de sociétés de sécurité privées et de trafic de drogue le long de ses côtes. De nouveaux acteurs émergent, à la faveur de l’absence américaine : la Turquie, les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, etc. Ils ont commencé de nouveaux types de guerre de proximité, qui ont compliqué la résolution des conflits sur le continent ». 

Des conflits « intra-étatiques de nature politique »

« Les questions de paix et de sécurité sont du ressort en premier lieu des Nations unies, qui ont créé des mécanismes pour agir sur le terrain, que ce soit par la négociation ou les missions de maintien de la paix, a noté le général Mohamed Znagui Sid’Ahmed Ely, secrétaire permanent du G5 Sahel, pour en pointer les limites. Beaucoup de régions du monde ne s’intéressent pas à d’autres zones lointaines, pour contribuer financièrement ou envoyer des contingents, d’où cette propension de l’Onu à déléguer le maintien de la paix à des organisations régionales ».

De son côté, le général Birame Diop, ancien chef d’état-major de l’armée du Sénégal, aujourd’hui conseiller militaire au Département des opérations de paix des Nations unies, a rappelé que l’Afrique « souffre moins de conflits inter-étatiques qu’intra-étatiques. L’histoire récente montre que dans nos pays, l’une des sources principales de conflits est de plus en plus liée à la politique. Très souvent, lorsque nous voulons tout simplement renouveler la classe dirigeante, nous pouvons nous retrouver dans une crise très violente et parfois une guerre civile, avec des centaines ou des milliers de morts, alors que le renouvellement de notre classe politique doit être une occasion de jubilation à la fois pour ceux qui veulent remplacer les responsables au pouvoir et ceux qui veulent les récompenser pour leur travail et les maintenir ».

*Source : Maroc diplomatique

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