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14 avril 2021

la vérité trouve toujours son chemin par Ahmed Halfaoui


La vérité trouve toujours son chemin
Ce n’est ni un anti impérialiste attardé, ni un trotskyste aigri, ni un nationaliste paranoïaque qui le dit, c’est le chef d’un pays, membre de l’Alliance atlantique qui avoue, cette coalition qui travaille à faire un sort au peuple libyen, en prétextant qu’elle le massacre depuis six mois pour le libérer d’un «tyran».

Sylvio Berlusconi vient de fiche en l’air toutes les arguties cuisinées par les pétromonarques arabes et les «grandes démocraties» pour se donner le «droit» de massacrer, de détruire et de soumettre. Le sémillant Premier ministre italien avoue que le peuple libyen ne s’est pas soulevé contre Mouammar Kadhafi. Bien au contraire, d’après lui, ce peuple aime son «Guide». Nous y voilà.

Le mensonge n’a pas duré le temps que le travail (le job dirait Alain Juppé) soit fini. Les mots de Berlusconi vont peser plus lourds que les images des millions de Libyens, criant leur indignation et leur colère, confinées à l’archaïque télévision de la Jamahiriya. Les assassins ne vont pas, bien sûr, se regarder la pointe des pieds et leurs vassaux qui ont crié haro non plus. Mais, les propos du Cavalieri sont une pièce à charge que l’Histoire retiendra et qui tôt ou tard sera mise sur la table d’accusation. Il a ensuite tous ces journalistes enthousiastes qui se sont rangés derrière l’épopée «démocratique» des bombardiers et il y a encore tous ces jeunes enrôlés dans l’une des pires infamies contre leur propre peuple. Ceci pour ce qui concerne les fondements de la résolution 1973 de la très respectable Organisation internationale.

Mais, le dirigeant italien est aussi un redoutable homme d’affaires et son aveu tardif comporte nécessairement un calcul précis. Ce calcul repose tout aussi nécessairement sur des données, que Berlusconi est bien placé pour les avoir. Résumons. Il discrédite l’OTAN et ses comparses, cela a un coût politique et dans les affaires on ne dépense rien pour rien. Il méprise les supplétifs libyens de l’OTAN et ne leur accorde aucun égard, cela pourrait, en principe, avoir un coût économique en cas de «victoire» de ces derniers. L’Italien aurait donc pris un gros risque, notamment pour ses propres intérêts. Réfléchissons. Berlusconi ne prend que les risques qui valent et ne fait jamais de plongeon gratuit. Il sait beaucoup de choses pour se trouver aux premières loges de la «révolution» en cours. Donc si nous comprenons bien, il ne mise plus du tout sur la «victoire» des bombardiers de l’Alliance, ni sur leur capacité à installer les sbires libyens au pouvoir. Gageons que les coups de téléphone doivent pleuvoir sur Rome et que les gars de Benghazi doivent se demander ce qui se joue à leur insu. Pour ce qui est de ceux qui se sont alignés au premier coup de sifflet, ils devraient demander des assurances sur les garanties qui leur ont été données sur le dossier libyen. Mais, ont-ils seulement droit au chapitre et aux égards qui vont avec ? A tous, il ne restent que les prières pour que l’OTAN ne se soit pas trompée et que Berlusconi ait fait, pour une fois, de mauvais calculs.
Par Ahmed Halfaoui

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