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29 octobre 2020

Il y a loin de la coupe aux lèvres par Ahmed Halfaoui


http://www.lesdebats.com/editions/200911/les%20debats.htm

Il y a loin de la coupe aux lèvres
Même s’il y a loin de la coupe aux lèvres, le Fonds Monétaire International (FMI) a toutefois été activé par ses maîtres pour «reconnaître» les «élus» de la «communauté internationale» en Libye. Il s’agit de faire en sorte que tout se passe comme prévu et pas autrement. Ce sera le FMI qui s’occupera de revoir le système de gestion économique libyen. Et il y a du travail pour les équipes que le Fonds va dépêcher (dès que possible) sur le terrain. Ce terrain où on ne sait plus s’il s’agit toujours de «protéger les civils» ou de les massacrer jusqu’au dernier tant qu’ils continueront de résister aux bombardements. Les jeunes «rebelles», envoyés au casse-pipe, commencent eux-mêmes à se fatiguer et à risquer de moins en moins leur vie devant un travail de moins en moins efficace de l’OTAN. Au-dessus d’eux cela ne va pas fort non plus. Même après que l’ONU ait donné la respectabilité voulue au conglomérat destiné à gouverner le pays. La formation d’un «gouvernement de transition» crée les pires empoignades. Les tireurs de ficelles n’y sont pas pour rien. La configuration actuelle est tout à l’avantage de certains au détriment d’autres. Tout bouleversement dans la structure pourrait remettre en cause les projets en cours sur les centaines de milliards de dollars à prendre immédiatement et dans l’avenir. Dans le processus, le FMI veillera à fournir le «financement nécessaire» à un pays qui prêtait aux autres, à implémenter son fameux plan d’ajustement structurel après avoir, en urgence, «aidé à rétablir la production» et «à mettre en place un système de paiements». Il le faut bien, parce que les multinationales piaffent d’impatience, tant tout est à prendre. La France ses 35% de pétrole et le monopole sur les 150 milliards de m3 d’eau, les autres pour des contrats tout aussi juteux. Par exemple, dans les immenses chantiers de reconstruction, que les bombardiers de l’Alliance atlantique ont pris soin de préparer.

Le FMI fera utiliser, pour honorer la facture de 150 milliards de dollars qu’il a estimée, les 70 milliards de fonds souverains libyens et un endettement de 80 milliards de dollars remboursables sur les revenus pétroliers à hauteur de 30 milliards de dollars/an. Il serait aussi question de transformer la Banque centrale libyenne en succursale de plusieurs banques multinationales (dont HSBC-Londres, de Goldman Sachs-New York).

Les parts de marché seront, bien sûr, réparties au prorata de la puissance de chaque pays, ce qui explique les difficultés de produire la nouvelle direction du pays, chacun voulant y placer son pion, sans préjudice des appétits propres des factions «rebelles». En attendant, rien n’est moins sûr, tant que le peuple libyen continuera de refuser l’arnaque. Et il semble réellement décidé à ne pas se laisser faire. Le carnage quotidien qu’il subit en est la preuve ultime. Car ce n’est pas pour rien qu’on affronte la mort. Ce qui confirme, malgré la réalité que s’acharnent à imposer les médias, que nous sommes devant une situation inédite dans l’Histoire de l’Humanité. Pour la première fois, un peuple est confronté à une telle situation. Il nous montrera, peut-être, comment en sortir.
Par Ahmed Halfaoui

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,