Aller à…
RSS Feed

20 octobre 2020

Libye- Un pays détruit, un pays livré aux seigneurs de la guerre et aux multinationales pétrolières par Colovray Bernard


Libye, Un pays détruit, un pays livré aux seigneurs de la guerre
et aux multinationales pétrolières, des dizaines de milliers de mort

Avec la couverture des événements en Libye, nos media ont atteint des sommets.
Pas un mot sur le nombre de morts depuis le début des bombardements de l’OTAN. On annonce pourtant cinquante mille.

Pas un mot sur les exactions des soi-disant rebelles, les viols, les yeux arrachés des soldats « kadhafistes », la traque et le massacre des noirs, libyens du sud, Nigériens, Tchadiens, Camerounais qui constituaient l’essentiel des travailleurs de Libye, que ce soit dans l’est, à Misrata ou à Tripoli.

Pas un mot sur la présence, dès le début, de militaires des forces spéciales britanniques, ni de mercenaires recrutés par les Salafistes, ou de paramilitaires venus de Colombie dans les rangs des rebelles.
Pas un mot sur l’exode forcé des Touaregs en Algérie, sur la ville de Tripoli déserte et en proie à la peur, sur les exécutions systématiques des petits fonctionnaires et de leur famille.

Presque rien sur la composition réelle CNT (Conseil National de transition), sur les éléments monarchistes, venus de Londres où les Britanniques les gardaient au chaud depuis la Révolution de 1969, avec leur drapeau, ni sur les transfuges, anciens ministres de la Jamahiriya, encore moins sur les fascistes intégristes, salafistes et Frères Musulmans main dans la main.

Presque rien sur les appétits des multinationales du pétrole et d’autres, qui s’apprêtent à profiter des largesses des rebelles qui veulent « rendre les puits de pétrole à leurs légitimes propriétaires », la formule est celle qu’utilisa Pinochet au lendemain de son coup d’Etat du 11 septembre 1973, en évoquant les mines de cuivre.
En réalité, nous sommes bien loin de cette image idyllique et simplifiée d’une population unie et en révolte, renversant la dictature féroce du colonel Kadhafi. Militairement l’intervention de l’OTAN a été décisive et les bombardements des villes, l’action des drones US ne se sont nullement traduits par une libération, mais par le sang et la mort.
Le gang de Benghazi
Voici ce qu’en dit un communiqué du Parti communiste algérien ; « Le fer de lance de cette coalition ce sont les nostalgiques de la monarchie renversée en 1969, les islamistes intégristes fanatiques – boutefeux de l’insurrection armée – partisans d’un Etat théocratique que le régime libyen a combattu à juste raison, les fractions bureaucratico-compradores corrompues du régime libyen, ralliées à l’impérialisme. Ces dernières fractions ont en fait organisé un coup d’Etat en suscitant les troubles armés de Benghazi avec le soutien assuré des puissances impérialistes dans le cadre d’une action coordonnée et préparée de longue date avec elles. Elles ont exploité le mécontentement populaire provoqué par les mesures socio-économiques antipopulaires et antinationales qu’elles ont elles-mêmes imposées depuis 2003 et dont elles ont largement profité…

Elles ne se sont pas dressées contre Kadhafi pour « démocratiser » la Libye mais pour prendre le contrôle total et absolu de l’Etat, instaurer la dictature d’une oligarchie alliée à l’impérialisme et aux monarchies du Golfe. Les monarques rétrogrades du Golfe ont joué un rôle important dans la coordination et la préparation de l’insurrection de groupes intégristes armés infiltrés à partir de l’Egypte avec l’assistance logistique des Frères musulmans de ce pays et d’agents spéciaux des puissances impérialistes.
Le président du CNT, Mustapha Mohammed Abud al-Jalil, était jusqu’il y a peu ministre de la justice de Kadhafi, dénoncé en décembre 2010 par Amnesty International comme l’un « des plus effroyables responsables de violations des droits humains en Afrique du nord » ; c’est lui qui avait condamné à mort les cinq infirmières bulgares, dans l’affaire que l’on sait. Aux affaires étrangères, on trouve l’ancien ministre de l’économie, Ali Abdel-Aziz al-Essaoui.

La « libération de Tripoli »
Le nouveau « gouverneur » de Tripoli est Abdelhakim Belhadj, ancien combattant de la CIA en Afghanistan dans les années 80 aux côtés d’Oussama Ben Laden, arrivé directement du Qatar.
Il faudra que nos bonnes âmes de la gauche française nous expliquent comment l’émir du Qatar est devenu un champion des libertés démocratiques. Il faudra aussi qu’ils nous donnent la raison pour laquelle ils soutiennent les légions islamistes venues prendre leur part du butin et de la victoire en Libye.

La responsabilité de Kadhafi
Nous condamnons fermement ce qui se passe, le pillage et la destruction de la Libye mais cela ne fait pas de nous des défenseurs de Kadhafi. Ce système a empêché le peuple de s’organiser dans des syndicats indépendants. Des contradictions de plus en plus aiguës minaient le régime. Avec Kadhafi les richesses libyennes ont profité seulement à une minorité d’affairistes véreux et aux multinationales. Cette politique a provoqué la chute du pouvoir d’achat du peuple suite à la suppression de la subvention des produits de base. Elle a provoqué le chômage en conséquence de la fermeture ou de la privatisation des entreprises publiques, l’appauvrissement des masses et des jeunes. Le régime s’est en conséquence trouvé coupé du peuple à juste raison.

 

Que va devenir la Libye ?
Les buts de cette opération sont clairs : s’emparer du pétrole libyen, transformer la Libye en base militaire pour contrôler l’ensemble de l’Afrique du Nord et les pays du Sahel, préparer la prise de possession d’autres richesses pétrolière. Dans ce cadre, les capitalistes britanniques et français, qui s’apprêtent à remettre la main sur le pétrole ont tout à gagner à cette « somalisation » de la Libye, il leur suffira de contrôler les zones côtières, où se trouve le pétrole.
Le drame que vit la Libye est un nouvel épisode sanglant de l’histoire du capitalisme. C’est ce système qu’il faut mettre à bas pour empêcher les gendarmes de l’impérialisme de venir partout semer la mort et la destruction et permettre à leurs mandants d’empêcher de nouveaux dividendes.

° °

Une réponse “Libye- Un pays détruit, un pays livré aux seigneurs de la guerre et aux multinationales pétrolières par Colovray Bernard”

  1. 23 septembre 2011 à 21 h 37 min

    A l’attention de Colovray Bernard

    Vous parlez de privatisations mais elles ne le furent jamais à 100% :
    http://www.afrik.com/article6227.html
    Vous parlez d’échec pour ainsi dire de la politique économique de Kadhafi. Vous devez raisonner comme un communiste de l’ancien temps. Les russes et les ukrainiens vivant en Libye disent le contraire.
    Vous n’acceptez pas que le système Kadhafi ne soit pas à vos normes occidentales.
    En gros, les entreprises publiques furent privatisées à 50% pour les investissements étrangers et le reste pour la Libye. Où est le problème ?
    C’est le système russe actuel aussi mais bien sûr qui n’est pas aux goûts de certains appétits voraces.
    http://stationzebravideo.id.st/realites-sur-khadafi-et-la-lybie-documentaire-d-arte-en-3-parties-a4352845

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,