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23 novembre 2020

Le droit d’ingérence est largement désavoué selon un sondage


Malgré le battage unanime des médias audiovisuels et de la « grande presse » …le peuple pense un peu autrement

Par Louis Denghien, le 29 mars 2012 < http://www.infosyrie.fr/decryptage/sondage-le-point-le-droit-a-lingerence-largement-desavoue/ >

Sans préjuger du résultat de la présidentielle à venir, ce n’est pas sur son intervention en Libye que convaincra Nicolas Sarkozy

Le site du Point organise régulièrement des sondages en ligne sur un thème d’actualité. L’actualité syrienne – et, d’une certaine façon, libyenne – a tout
naturellement dicté une enquête sur le thème du droit d’ingérence, principe conceptualisé par Bernard Kouchner et qui inspire, on ne l’a que trop vu, Nicolas
Sarkozy et Alain Juppé. Le Point a donc posé aux visiteurs de son site une question d’une grande simplicité, et même empreinte d’un certain simplisme : « Le
droit d’ingérence, est-ce bien ?« , questionnement décliné il est vrai en six propositions, trois approbatives de l’ingérence, trois au contraire hostiles.
Le 29 mars en début d’après-midi, 18 630 internautes avaient donné leur avis. Et voici dont les résultats de cette enquête, proposition par proposition.
Le droit d’ingérence, est-ce bien ?

Oui, quand un pays dérive dans la violence… Il faut toujours empêcher les hommes de se tuer : 3 406 votes soit 18,3% ;
Oui, car un pays démocratique et pacifique doit aider les pays moins évolués à progresser : 1 028 votes soit 5,5% ;
Oui, car un conflit dans un pays retentit toujours sur les autres pays et devient une menace pour tous : 2 009 votants soit 10,8%.

Soit 6 443 votes et donc 34,6% en faveur du droit d’ingérence.

Non, c’est à chaque pays de résoudre ses tensions, il y va du respect de la souveraineté de chacun : 3 650 votes soit 19,7% ;
Non, car l’ingérence n’est qu’un prétexte pour faire tourner les industries de guerre : 2 520 votes soit 13,6% ;
Non, car les valeurs morales ne s’exportent pas, au nom de quoi imposerions-nous les droits de l’homme et notre conception de la paix ? : 5 961 votes soit
32,1%.

Soit 12 131 votes et 65,4% contre le droit d’ingérence.

Sans surinterprétrer ce type de sondage – où les plus militants ont tendance à se mobiliser d’avantage que les autres surtout si leur cause est médiatiquement
minoritaire – on constatera que le rejet de l’ingérence est nettement majoritaire dans l’opinion française, pour diverses – mais toutes excellentes – raisons. Et ce
rapport de 6 à 10 est incontestablement un échec de la propagande de masse qui s’est déversé depuis plus d’un an à propos de la Libye et de la Syrie. Une forte
majorité de citoyens n’a pas « gobé » les pauses d’humanistes militants et les condamnations vertueuses du binôme atlantiste Sarkozy/Juppé. Gageons que ce
dernier, s’il prend connaissance de ce sondage, aura un froncement de sourcils agacé. Il n’aura, à vrai dire, qu’à s’en prendre à lui-même, et à ce qu’il a laissé
faire, puis légitimé en Libye, une expérience « ingérente » qui a laissé quelques traces dans l’opinion…

Mais nous prenons les résultats de cette enquête comme un signe de la maturité d’un certain nombre d’habitants de ce pays, dont l’esprit critique a résisté à 12 et
quelques mois de désinformation massive et quotidienne. En ce qui concerne le tiers de partisans du droit d’ingérence, on relèvera la naïveté de ces 3 406
personnes qui semblent avoir cru que Sarkozy intervenait en Libye, ou aurait pu le faire en Syrie, pour « empêcher les hommes de se tuer » ! Cette naïveté est,
comme toujours, le fruit de l’ignorance. Et l’ignorance des Français, et de pas mal d’autres peuples d’ailleurs, en matière de questions internationale est
encyclopédique et, elle, nettement majoritaire. Mais même quand l’ignorance règne, le bon sens peut lui disputer – marginalement – la prééminence.

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de « Tous fichés » , mercredi 03 mai 2006

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,