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24 octobre 2020

Brûlot « anti-islam » : un coup monté pour attiser les haines


Le nouvel Observateur

Brûlot « anti-islam » : un coup monté pour attiser les haines

Créé le 13-09-2012
Jérôme Hourdeaux
Par Jérôme Hourdeaux

L’ensemble des insultes contenues dans la vidéo n’ont pas été prononcées par les acteurs mais rajoutées lors du doublage.

Illustration : des manifestants égyptiens avec des masques de Guy Fawkes devant l'ambassade américaine au Caire, en Égypte, le 11 septembre 2012. (AP Photo/Nasser Nasser)

Illustration : des manifestants égyptiens avec des masques de Guy Fawkes devant l’ambassade américaine au Caire, en Égypte, le 11 septembre 2012. (AP Photo/Nasser Nasser)

On savait déjà que la promotion du film « L’innocence des musulmans », à l’origine d’une vague de manifestations dans plusieurs pays arabe, était le fruit d’une campagne orchestrée dans le but d’attiser les tensions. En réalité, il se pourrait bien que le fameux long-métrage annoncé se résume au seul brûlot de 13 minutes diffusé sur internet.

De fait, ce jeudi 13 septembre, il était toujours impossible de trouver une seule personne ayant vu le film dans son intégralité. Le réalisateur, se présentant comme un Américain juif nommé Sam Bacile, avait expliqué à la presse que son film n’avait été diffusé qu’une seule fois, dans la salle quasiment déserte d’un obscur cinéma d’Hollywood.

Une production de 5 millions de dollars

Mais le cinéaste amateur, de son vrai métier promoteur immobilier, était formel : son « œuvre » était une production bien réelle de 5 millions de dollars, financée par des « donateurs juifs  » et ayant nécessité trois mois de tournage et plusieurs dizaines d’acteurs et de techniciens.

De nombreux internautes s’étaient étonnés de la piètre qualité technique du film au regard de son budget. Différences de son flagrantes en plein milieu d’un dialogue, la quasi-totalité des scènes tournées sur un fond vert mal réalisé… Au vu des images, on a peine à voir où sont passés les 5 millions de dollars.

Selon plusieurs sources, la réponse serait que le film n’ait jamais été destiné à être diffusé au cinéma. En effet, si un permis de tournage a bien été délivré, il est impossible de retrouver un spectateur. Le responsable d’un cinéma hollywoodien aujourd’hui fermé, le Vin Theatre, se souvient bien qu’un certain « Sam » lui avait loué une salle il y a quelques mois, mais le film n’aurait été projeté qu’une seule journée.

De nombreux observateurs ont également repéré que lors des dialogues, extrêmement mal doublés, les voix des acteurs semblent se modifier lorsqu’ils évoquent l’islam. Lorsque l’on se concentre sur les dialogues, on a même l’impression que les propos les plus insultants envers les musulmans ont été enregistrés a posteriori et ajoutés au montage pour remplacer les dialogues originaux (voir des exemples dans la vidéo ci-dessous)

L’équipe de tournage « trompée »

La chaîne CNN a retrouvé quelques 80 personnes ayant participé au tournage du film. Or, la totalité d’entre eux affirme avoir été « trompée » par le réalisateur. Le film, qui portait au départ le titre de « Desert Warrior », était censé être « un film d’aventure historique dans le désert arabe ». Plus grave, les acteurs confirment que leurs propos ont été modifiés et que le script n’évoquait à aucun moment le prophète de l’Islam.

Une des actrices, interrogée cette fois par le site Gawker, confirme que toutes les références religieuses ont été rajoutées au moment du doublage. Des accusations avérées par le blog « On the Media » qui s’est penché en détails sur les dialogues du film et ces étranges changements de son.

Des doutes sont également nés sur l’identité même du réalisateur présumé, Sam Bacile. Le site The Atlantic a réussi a retrouvé Steve Klein, un « consultant » ayant pris une part active dans la production du film. Or, ce dernier affirme que Sam Bacile n’est en fait qu’un nom d’emprunt. Klein explique avoir été contacté par téléphone par le mystérieux réalisateur et ne l’avoir jamais rencontré en personne. En revanche, le consultant assume, lui, totalement l’aspect polémique du film. L’homme se vante même d’être un militant anti-islam particulièrement actif.

Qui se cache derrière « Sam Bacile » ?

Il se pourrait que le film soit en fait une « œuvre collective ». En effet, s’il explique ne pas connaître Sam Bacile, Klein affirme que ce dernier n’est pas juif et que pas moins de 15 personnes ont été impliquées dans la réalisation : « Rien d’autre que des citoyens américains actifs », explique-t-il, avant de préciser. « Certains sont de Syrie, de Turquie, du Pakistan, il y en a qui sont en Égypte. Certains sont coptes, mais la grande majorité sont des évangélistes ».

Une chose est sûre, Sam Bacile n’a aucune existence sur internet ou les réseaux sociaux. CNN, qui, de son côté, a vérifié les registres publics, a également fait chou blanc. Interrogé par la chaîne américaine, le ministère des Affaires étrangères israélien affirme également n’avoir aucune trace de ce Sam Bacile. « Ce type est totalement anonyme », a confirmé Yigal Palmor, le porte-parole du ministère.

Selon l’Associated press, le mystérieux réalisateur se nommerait finalement Nakoula Basseley Nakoula, un Californien de confession copte de 55 ans ayant reconnu faire partie de l’équipe de production et dont l’agence a pu vérifier l’identité. En effet, Sam Bacile, que l’agence avait interviewé par téléphone la veille, utilise un téléphone renvoyant à la même même adresse physique que Nakoula Basseley Nakoula. Ce dernier est notamment connu pour avoir été condamné en 2010 pour des malversation financières.

L’homme, de confession copte, vit depuis reclus dans sa maison située à 40 km de Los Angeles, encerclé par les journalistes. Il a était placé, à sa demande, sous protection de la police.

vendredi, 14 septembre 2012

 

 

Où est passé El Karadaoui ?  14/09/2012

Où est passé El Karadaoui ?

Très «entreprenant» lorsqu’il s’agissait de «produire» des fetwas contre Mouammar Kadhafi, appelant à son assassinat sur la chaîne de télévision satellitaire qatarie Al Jazeera et, plus récemment, pour l’élimination physique de Bachar Al Assad, El Karadaoui a brillé par son mutisme quant aux terribles évènements ayant eu lieu en Libye.

Des évènements qui, pourtant, intéressent directement l’image de l’Islam ternie par non seulement des non-musulmans mais aussi par des groupuscules se réclamant de cette religion. Les téléspectateurs attendaient une intervention de la part du «cheikh» pour, d’un côté, dénoncer le caractère odieux du film Innocence of Muslims (L’Innocence des musulmans) et d’un autre côté, condamner la violence contraire aux préceptes et valeurs de l’Islam, ayant coûté la vie à l’ambassadeur des USA en Libye et à trois fonctionnaires du consulat américain à Benghazi. Les téléspectateurs ne devront-ils donc retenir du cheikh El Karadaoui que ses appels au meurtre à travers Al Jazeera ?
vendredi, 14 septembre 2012

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,