Aller à…
RSS Feed

16 octobre 2019

Libye : Benghazi et Derna, viviers djihadistes


Dimanche 4 novembre 2012 7 04 /11 /Nov /2012 07:47

Libye : Benghazi et Derna, viviers djihadistes

Par Gilles Munier (Afrique Asie – novembre 2012)*

En Cyrénaïque, les towars n’avaient pas besoin qu’Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda, leur dise, en septembre 2011, de se méfier des Occidentaux et de s’affranchir au plus vite de l’assistance de l’OTAN, pour savoir ce qu’ils feraient ensuite. Leur contentieux avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne est ancien. Il remonte au moins aux années 90, après l’échec du Groupe islamique de combat libyen (GICL) qui tentait de renverser le régime. La plainte déposée contre Jack Straw, ancien ministre du Foreign Office par Abdelhakim Belhaj, un des fondateurs du GICL devenu gouverneur militaire de Tripoli, a jeté une lumière crue sur le double jeu de Londres en Libye. Arrêté en 2003 par la CIA à Bangkok, torturé dans une prison secrète, Belhadj a été livré à Kadhafi par le MI6, ex Intelligence Service. Il affirme que des agents britanniques ont participé aux tortures dont il a été victime.

La présence importante de Libyens sur les champ de bataille opposant les djihadistes aux Occidentaux s’est vérifiée bien avant que le GICL prête allégeance à Oussama Ben Laden. En novembre 2007, en Irak, la saisie d’un ordinateur portable au sud de Sindjar a appris aux forces spéciales américaines que sur près de 600 djihadistes étrangers arrivés les mois précédents, le contingent le plus important – après celui d’Arabie – venaient de Derna et de Benghazi : 85,2% des arrivants étaient des itishhadi, des « hommes aspirant au martyre ». Ceux revenus d’Irak ont mis leur expérience au service des rebelles anti-Kadhafi. L’un d’eux, Wissam Ben Hamid, dirige deux milices de choc à Syrte et à Koufra.

Le djihadiste libyen les plus connu est Ibn al-Cheikh al-Libi, ancien chef du camp d’entraînement de Khaldan en Afghanistan où il dirigeait une organisation rivale d’Al-Qaïda. Arrêté en novembre 2001 par la CIA au Pakistan, ses tortionnaires lui ont fait dire que le président Saddam Hussein entretenait des relations avec Oussama Ben Laden. Ses « aveux », réclamés par George W. Bush, ont été obtenus en Egypte par le général Omar Suleiman – chef des services de renseignements d’Hosni Moubarak – qui participait, en personne, aux interrogatoires musclés.

Ibn al-Cheikh al-Libi, livré ensuite aux tortionnaires de Kadhafi, est réapparu en avril 2009, quand une équipe d’Human Right Watch, enquêtant sur le traitement des prisonniers, l’a rencontré dans la cour de la prison Abou Salim à Tripoli, apparemment en bonne santé,. Deux semaines plus tard, il était mort, « suicidé ». Des juges américains en charge du dossier du palestinien Abou Zubaydah incarcéré à Guantanamo – un des prisonniers fantômes les plus torturés – voulaient l’entendre. Une visite surprise du général Suleiman au colonel Kadhafi lui a réglé son compte avant, définitivement.

Autre djihadiste libyen fameux : Abou Yahia al-Libi, considéré comme le « fils spirituel de Ben Laden ». Arrêté en 2002 par les services de renseignements pakistanais, remis aux Américains, il s’est évadé en 2005 de la prison de Bagram en Afghanistan. Elu n°2 d’Al-Qaïda en août 2011, il a été tué par un drone – sur ordre de Barack Obama – le 4 juin dernier au Pakistan. L’attaque du consulat américain à Benghazi, le 11 septembre 2012, aurait été planifiée pour venger sa mort.

* Afrique Asie – novembre 2012 : http://www.wobook.com/WBD84sk8uY15-f

Sur le même sujet, lire aussi :

Barack Obama piégé à Benghazi

http://0z.fr/p6U5n

Libye : mission risquée pour Mohamed al-Megaryef

http://0z.fr/L45fx

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,