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25 octobre 2020

Le barreau de Paris annule le voyage d’une délégation d’avocats à Jérusalem prévu pour jeudi 20 novembre 2014.


 

Polémique autour du voyage du barreau de Paris à Jérusalem 
Le barreau de Paris annule le voyage d’une délégation d’avocats à Jérusalem prévu pour jeudi 20 novembre 2014.

Ce matin, mercredi 19 novembre, maître Dominique Cochain, avocate au barreau de Paris avoue avoir été « satisfaite » en apprenant l’annulation du voyage pour Jérusalem, prévu pour demain, jeudi 20 novembre, même si les raisons évoquées ne sont pas celles qu’elle attendait.

« J’aurais préféré que le barreau de Paris annule le voyage dès l’été du fait de l’agression sur Gaza, pour des raisons de droit humanitaire et pas parce que les participants ont peur pour eux-mêmes ou ont la crainte de trouver des sites touristiques fermés », raille l’avocate.

Ce matin donc, le barreau de Paris a annoncé, « après avoir pris l’avis du Quai d’Orsay et du consulat général », de reporter le voyage à Jérusalem à cause « de la situation d’insécurité et de violence qui s’est tellement dégradée à Jérusalem qu’il est devenu impossible d’assurer la sécurité du groupe et de maintenir les différentes manifestations », comme l’indique leur communiqué.

275 avocats parisiens, sous la bannière de l’association, créée à cette occasion « Le barreau de Paris montre l’exemple », devaient partir demain, jeudi 20 novembre pour une durée de trois jours. « J’aurais préféré que les avocats, premiers défenseurs contre l’injustice, prennent conscience de l’aberration du projet, dénonce maître Cochain. Dans les premières communications, il était question d’un « voyage en Israël, à Jérusalem », avec une photo du dôme du Rocher à titre d’illustration, ainsi que d’une réception par les plus hautes autorités israéliennes ! A la suite de protestations, le mot « Israël » a été supprimé des communications relatives à ce projet, mais cet incident montrait assez clairement que ce voyage s’inscrivait dans un projet qui efface la dimension palestinienne de Jérusalem. De plus, continue l’avocate, il était prévu d’aller visiter l’Esplanade des Mosquées, lieu saint de l’islam et lieu de culte des Palestiniens, alors qu’eux n’y ont pratiquement plus accès ! ».

« Il y a deux mois, tous les avocats du barreau de Paris ont reçu un email leur disant que l’association « le barreau de Paris montre l’exemple » en étroite collaboration avec le barreau de Paris organisait ce voyage, explique de son côté, maître Boukhelifa. Ils ont présenté ce voyage comme un voyage de dialogue entre les trois religions monothéistes, l’islam, la religion juive et la religion chrétienne. L’idée était de montrer que les avocats du barreau de Paris étaient unis et que notre diversité faisait notre force. Le projet m’a séduit alors je me suis inscrit », continue l’avocat.

Maître Boukhelifa déchante ensuite en apprenant à la dernière minute que la délégation sera reçue par les plus hautes autorités israéliennes. « Un collègue de l’ordre des avocats m’a même signifié que c’était Benjamin Nethanyahou qui devait nous recevoir en personne. Et pour moi, il est inconcevable que je serre la main au Premier ministre israélien qui est, je le rappelle, un criminel et un colonialiste », précise maître Boukhelifa.

L’avocat dit avoir contacté le bâtonnier de Paris pour tenter d’organiser une rencontre à Ramallah avec les autorités palestiniennes. Deux mails qui seraient restés sans réponse. « Le seul mail que j’ai reçu a été envoyé par mon collègue Rémi-Pierre Drai, coorganisateur du voyage, me disant « qu’il n’était pas question d’un voyage politique mais d’un voyage religieux ». Et que si je voulais aller à Ramallah, il faudrait que j’organise ce voyage dans le cadre d’un voyage à Ramallah et en Jordanie, explique maître Boukhelifa. C’est choquant car il sait très bien qu’une rencontre officielle était prévue avec les plus hautes autorités d’Israël, reprend l’avocat. D’ailleurs on m’a dit que Benyamin Netanyahou allait recevoir la délégation, et il précise que ce n’est pas « un voyage politique ». Alors pourquoi rencontrer les autorités israéliennes ? », se demande l’avocat.

Maître Cochain rappelle que le voyage n’est pas annulé mais reporté. « J’ai été très émue, un jour, d’entendre un bâtonnier Turc déclarer qu’alors que son prédécesseur était arrêté, il lui demandait « Que puis-je faire ? ». Ce à quoi il lui était répondu sans hésitation « Appelle le bâtonnier de Paris ». Je voudrais que les avocats parisiens ne ternissent pas cette image de défenseur des droits humains, dont jouit notre barreau, en se prêtant à des opérations de communication qui banalisent l’occupation, un crime prévu dans notre code pénal », conclut maître Cochain.

Nadir Dendoune

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,