Aller à…
RSS Feed

25 novembre 2020

N’oublier personne sur le chemin, avancer lentement, avec toutes et tous


N’oublier personne sur le chemin, avancer lentement, avec toutes et tous

mexiqueCe numéro 9 de la revueSolidarires internationale, édité conjointement par l’Union syndicale Solidaires et le CEFI (Centre d’Étude et de Formation Interprofessionnelle Solidaires), propose un dossier sur : Mexique, Chiapas et Zapatistes

Chaque chapitre est téléchargeable au format PDF sur le site de Solidaires International : http://orta.pagesperso-orange.fr/solidint/revues/revue-9.htm

Il s’agit d’un ensemble remarquable, tant sur l’histoire du Mexique – une courte « contre-histoire » du point de vue de l’émancipation -, que sur le Chiapas et le mouvement des zapatistes.

J’ai notamment apprécié dans la première partie, les analyses des codes du travail et des organisations syndicales.

Je souligne aussi l’intérêt du second chapitre sur les femme. Les auteur-e-s traitent du mouvement féministe, de la pénalisation de l’avortement, des féminicides, des violences masculines, des femmes indigènes, de la loi révolutionnaire et de des rapports à la « tradition ». Le titre de cette note est extraite de ce chapitre.

Loi Révolutionnaire des Femmes Zapatistes

1. Les femmes ont le droit de participer à la lutte révolutionnaire en tout lieu et à tout niveau de responsabilité déterminé par leur volonté et leur compétence, sans distinction de race, de religion ou d’appartenance politique.

2. Les femmes ont le droit de travailler et de percevoir un juste salaire.

3. Les femmes ont le droit de choisir le nombre d’enfants qu’elles désirent et souhaitent élever.

4. Les femmes ont le droit de participer pleinement à la vie de la communauté et d’y exercer des charges lorsqu’elles sont élues librement et démocratiquement.

5. Les femmes et leurs enfants ont droit à la satisfaction de leurs besoins, principalement dans les domaines de l’alimentation et de la santé.

6. Les femmes ont le droit à l’éducation.

7. Les femmes ont le droit de choisir leur conjoint et de ne pas avoir à contracter un mariage par la force.

8. Aucune femme ne pourra être battue ou physiquement maltraitée, ni par un proche, ni par un étranger. Les viols et tentatives de viols seront sévèrement punis.

9. Les femmes pourront occuper des charges de direction dans l’organisation et accéder à tous les grades des forces armées révolutionnaires.

10. Les femmes bénéficieront de tous les droits et seront soumises à toutes les obligations définis par les lois et les règlements révolutionnaires.

Un chapitre est consacré au zapatisme, à son histoire. Je souligne l’intérêt des parties sur le « Congrès National Indigène (CNI) », les déclarations de la Forêt Lacandone et notamment la Sixième, sur « La construction de l’autonomie », dont faire de la politique autrement, la santé, l’éducation, la communication, le travail collectif et les coopératives, les luttes, l’« offensive contre- insurrectionnelle multiforme », sur le fonctionnement du mouvement…

Les sept principes de bon gouvernement

Obedecer y no mandar (Obéir et ne pas commander)

Representar y no suplantar (représenter et non supplanter)

Bajar y no subir (partir d’en bas et non d’en haut/ne pas chercher à s’élever)

Servir y no servirse (servir et non se servir)

Convencer y no vencer (convaincre et non vaincre)

Proponer y no imponer (proposer et non imposer)

Construir y no destruir (construire et non détruire)

Je souligne aussi le chapitre sur un « vie digne », le concept de « Lekil Kuxlejal », les deux conceptions du territoire, la « Escuelita zapatiste », la place de l’agro-écologie…

« Parler de «communauté», de « collectif », ce n’est pas renvoyer à une identité essentialisée (indigène, maya, autre…), mais à la solidarité rendue nécessaire par des conditions concrètes de vie et le désir d’habiter au mieux la Terre, au Mexique et ailleurs. C’est se donner les chances de tenir à distance le bulldozer capitaliste et ses « quatre roues » qui sont, pour les zapatistes, la spoliation, la répression, l’exploitation, la discrimination ».

Très richement illustré, ce numéro tant par ses choix éditoriaux, que par ses analyses ou par les documents mis à disposition, mérite une lecture attentive et une large diffusion. Une leçon de solidarité pratique…

Sommaire

1. Chapitre 1. Historique – contexte politique et syndical mexicain

De l’Amérique pré-hispanique à la colonisation

De l’indépendance à la dictature de Porfirio Díaz (1810-1876)

Le porfiriat (1876-1910)

Les frères Flores Magón, le Parti Libéral Mexicain et les prémices de la Révolution mexicaine

La Revolución mexicana (1910-1920)

Les années 1920 : la guerre des Cristeros et la naissance du parti unique

De la présidence de Lázaro Cárdenas (1934-1940) aux années 1960

Les années 1968-1993 : de la guerre sale au soulèvement zapatiste

Les années 1994-2000

Les années 2000-2013

Codes du travail au Mexique : l’ancien et le nouveau

Les syndicats au Mexique

Le CAT – Centre d’Appui aux Travailleurs-euses

2. Femmes

Femmes, mouvement féministe et droits pour la diversité sexuelle et de genre au Mexique

Femmes indigènes, loi révolutionnaire et rapport à la tradition

3. Zapatisme

Chronologie de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN)

Le CNI Congrès National Indigène

De la Première à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone 1994-2012

La construction de l’autonomie

Le Mouvement Zapatiste comme alternative concrète de fonctionnement démocratique et autonome : les sept principes de « commander en obéissant »

Le concept de Lekil Kuxlejal ou « vie digne » dans la pensée des indigènes du Mexique

Terre et territoire

De « l’Autre Campagne » à la Sexta. Un processus d’élargissement de la lutte zapatiste : pour l’autonomie et contre le capitalisme

Le café, un enjeu important pour la construction de l’autonomie zapatiste

La Escuelita zapatiste : « Une “Petite école” si grande qu’elle englobe le monde entier…»

4. Luttes autour des zapatistes

Nos Prisonniers-ères Libérons-les tou-tes !

Témoignage : Un lieu appelé « centro de readaptación »

Paroles de la chanson d’Alfredo

Bats’il Kop : cheminer en interrogeant le Chiapas à rebrousse-poil

Bats’il Kop : cheminer en interrogeant le Chiapas à rebrousse-poil

Le centre des droits humains Frayba soutient les défenseur-es des droits indigènes

Visite du CIDECI, San Cristóbal de Las Casas

Epilogue. les prochains pas des zapatistes

Bibliographie et liens internet

Glossaire

Annexes

Précédents numéros :

Solidaires International N°5, dossier Palestine Dossier Palestine | Entre les lignes entre les mots

Solidaires International N°6, dossier Sénégal Dossier Sénégal | Entre les lignes entre les mots

Solidaires International N°7, dossier Égypte Dossier Égypte | Entre les lignes entre les mots

Solidaires International N° 8, dossier Tunisie, Iran, Québec N’oublier-ni-les-luttes-de-salarie-e-s-ni-leurs-organisations-contre-le-neo-liberalisme-y-compris-dans-ses-versions-islamiques/

Solidaires International

N°9, automne 2013, 208 pages, 2 euros

Didier Epsztajn

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,