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8 juillet 2020

Francophonie : instrument de survivance de l’hégémonie d’une France en pleine Faillite


Francophonie : instrument de survivance de l’hégémonie d’une France en pleine Faillite

LETTRE  OUVERTE AUX CHEFS D’ETAT  ET DE GOUVERNEMENT AFRICAINS  MEMBRES ET/OU INVITES  AU 15ème SOMMET DE LA FRANCOPHONIE  DU 29 AU 30 NOVEMBRE 2014 DAKAR-  SENEGAL

Objet : Francophonie : Instrument de Survivance de l’Hégémonie d’une  France en pleine Faillite

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Du 29 au 30 novembre 2014, vous prendrez  certainement part  à Dakar au Sénégal au 15ème  Sommet de la Francophonie. Je dis « vous prendrez  certainement part », parce que pour nombre  d’entre vous, c’est une quasi obligation puisque le Président français  y sera présent. Il est reconnu que sa participation à un Sommet de cette nature implique pratiquement et malheureusement  la vôtre. Nous pensons que pour la dignité et l’honneur des peuples que vous  représentez, cette perception que vous avez  de la France devrait changer. Et même cesser. La  France est la cause principale de la pauvreté, de la misère et des guerres en Afrique noire dite francophone. Alors cessez de courir dès qu’un Chef d’Etat  français ou un Ministre de ce pays prend part à une Rencontre en Afrique ou ailleurs. Cela ne nous apporte rien du tout .Au contraire.

LA FRANCOPHONIE : DERNIER ARTIFICE  ET D’ILLUSION DE PUISSANCE D’UNE  France EN DEROUTE :

Afin de rafraîchir  la mémoire des Africains sur la Francophonie (cet archaïsme, j’allais dire « ce petit machin » sur lequel la France s’accroche aujourd’hui pour se faire de la contenance,  entretenir de faux airs de suffisance et d’illusion de puissance), il  paraît fondamental de remonter aux origines de l’imposition  de la langue française et de son institutionnalisation aux colonies d’Afrique et assimilés.

Aux  origines de  la Francophonie se trouve la « CONFERENCE AFRICAINE FRANÇAISE DE  BRAZZAVILLE » qui s’était tenue du 31 janvier au 06 février 1944 dans la  capitale de l’Afrique  équatoriale française. Elle fut conçue, élaborée et présidée par le Général de Gaulle dans la perspective de la fin de la 2ème Guerre  Mondiale. Conférence  coloniale au cours de laquelle (contrairement à ce que les médias français jusqu’à ce jour font croire) aucun Africain n’avait pris part et à l’issue de laquelle les Autorités françaises mirent sur pied toute l’architecture institutionnelle  (diplomatique, stratégique  et militaire, économique et monétaire  notamment Zone Franc, Compte d’opérations, culturelle  dont l’obligation d’enseigner la langue française dans toutes les écoles privées et publiques des colonies et assimilés). Instrument à partir duquel plus de 70 années après, la France continue  maintenir l’Afrique noire dans les ténèbres de l’esclavage, du pillage , de la prédation et du brigandage monétaire et  économique systématique.

Déjà à l’inauguration de cette Conférence coloniale (dont  j’invite les Africains à prendre connaissance  des  résolutions qui restent d’une brûlante actualité en 2014), le Général de Gaulle avait précisé «  les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies, écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français, de constitution éventuelle même  lointaine de self-government dans les colonies est à écarter »(lire Laurent Gbagbo : Réflexions sur la Conférence de Brazzaville, Editions  Clé 1978, Yaoundé, p.29.En effet, c’est au cours de  ces assises que dans la première Partie des Résolutions adoptées et intitulées « Organisation politique de l’Empire  Français », en son chapitre D  consacré à l’Enseignement, que la langue française comme outil et instrument de la perpétuation de l’hégémonie française en Afrique a été imposée.

Cette résolution stipule que « l’enseignement doit être donné obligatoirement en langue française, l’emploi des dialectes locaux parlés est absolument interdit aussi dans les écoles privées que publiques » (Laurent  Gbagbo op.cit p.74).L’on ne doit aucunement pas perdre de vue que l’Enseignement a toujours été  une arme privilégiée entre les mains du colonisateur. D’une part, il permet de dégager rapidement une élite pour en faire l’auxiliaire de la colonisation aux plans idéologique, politique et économique ; d’autre part, elle  permet à l’administration coloniale de  pratiquer le génocide culturel sur une vaste échelle, qui est un prélude à la confiscation de la pensée et de l’histoire des peuples soumis.

Aussi, disons-nous aux Chefs d’Etats africains que continuer à faire croire à vos peuples  que la France et la Francophonie constituent des horizons irremplaçables  ou des leviers pour l’émergence que les médias (publics comme privés)  ressassent à longueur de semaines est une supercherie et une atteinte à notre identité culturelle pour laquelle de millions d’Africains, jeunes et moins se battent tous les jours.

L’Afrique et la Francophonie

Au cœur de la Francophonie, se trouve d’abord et avant tout, l’Afrique Noire dite francophone. Victime expiatoire de la faillite et du parasitisme économique et financier de la France, cette zone d’Afrique reste  celle  sur laquelle  ce pays tente désespérément de s’appuyer  afin d’endiguer son déclin  multidimensionnel. Son élargissement aux Etats comme le Qatar (pour des raisons  mafieuses et financières) ou à l’Albanie et même aux Etats Baltes (nord de l’Europe) ou à la Macédoine ne doit pas tromper les Africains. L’essentiel du potentiel de la Francophonie se trouve en  Afrique Noire et non ailleurs. A titre d’illustration, le premier pays francophone au monde en termes de locuteurs se  trouve être  la  République  Démocratique du Congo(RDC) avec  plus de 75millions d’habitants. C’est pour laquelle, plusieurs mois avant la tenue de ce 15ème  Sommet , la Présidence française a commandé (comme d’habitude) une  étude sous la direction de M  Jacques  Attali : l’ex-Conseiller Spécial de M  François  Mitterrand  dénommée  « Rapport  Attali »et intitulé « Le Potentiel sous-estimé de la Francophonie au service de la France et à son rayonnement dans le monde ».

Dans ce  Rapport, Mr.  Attali  a  précisé  au cours d’une  émission sur TV5 MONDE Moyen-Orient  le30/08/2014 que « la Francophonie constitue la dernière soupape de sécurité, une bouée de sauvetage susceptible d’endiguer le déclin de plus en plus visible et palpable du rayonnement de la France dans le monde. Les  Chefs d’Etat africains qui prennent de plus en plus des initiatives aux plans culturel, économique et financier  pour s’éloigner de la France devraient être  rappelé à l’ordre au cours de ce Sommet ».Voilà qui est clair. Dans ce Rapport, M  Attali parle essentiellement, presqu’exclusivement de l’Afrique à l’instar du Rapport Védrine de décembre 2013(« chef d’œuvre et bréviaire » de la recolonisations de l’Afrique).

A ce sujet, le Ministre français des Affaires Etrangères : Laurent  Fabius (faucon des faucons, farouche partisan de l’interventionnisme et du militarisme français en Afrique)  a réuni  les  Présidents des  Réseaux Associatifs, des ONG, des barbouzes et autres  lobbies homosexuels aux fins de monter des stratégies en direction des Chefs d’Etat  africains pour leur  faire passer des messages de «  fermeté et de chantage » contre quiconque tenterait de s’éloigner de la nouvelle politique que Paris entend mettre en œuvre en Afrique. Voilà les véritables ressorts qui sous-tendent  la Francophonie telle que perçue par la France  en 2014. L’Algérie, curieusement, bien qu’étant une  ex-colonie  française qui a compris très tôt les duperies de la France, ne fait pas partie de cette histoire de Francophonie. Donc acte.

En clair, comme  le disait la romancière  Maryse Condé  il ya quelques années « la Francophonie c’est l’Impérialisme français qui  agonise et qui a peur de mourir et qui cache son nom ». Le Sommet de Dakar de 2014 entre dans ce registre, c’est-à-dire une rencontre  porteuse de mauvais messages et des signaux inquiétants  pour les Africains. Comment peut-il en être autrement quand  M  Attali, à la conclusion de son Rapport  termine son propos en ces termes « la concurrence que les langues locales en Afrique livrent désormais à la langue française est un péril grave pour notre pays et notre rayonnement dans le monde. C’est une menace à prendre très au sérieux ».

Aux Chefs d’Etats  africain  dits francophones, nous leur disons une fois de plus d’être à l’écoute de leurs peuples ; c’est la seule vraie, unique  et ultime arme entre leurs mains, quand les Charognards et Prédateurs occidentaux tenteront de les humilier ou les débarquer. Arrêtez de courir derrière ce serpent de mer qu’est cette Francophonie à partir de laquelle la France tire les ficelles, légitime et légalise son imposture en Afrique. Vous avez  été témoins du rôle de cette Francophonie  quand son Secrétaire Général, M Abdou Diouf (que les medias rendent curieusement et injustement  hommage) à demandé à la France d’intervenir militairement en Côte d’Ivoire contre le Président Laurent Gbagbo.  A chacune de vos rencontres avec les Autorités françaises, faites leur comprendre que les Africains réclament la fin de la zone Franc,  la suppression du Compte d’opération, le démantèlement  des bases militaires de leurs territoires et la considération de l’homosexualité comme un crime contre l’humanité et l’espèce humaine.

Un Message spécial au Président camerounais Paul Biya :

 Monsieur le Président,

Les Africains sont  au courant des pressions multiformes que les réseaux mafieux  françafricains  exercent sur vous au sujet de  AFRIQUE MEDIA,  LA CHAINE  PANAFRICAINE pour sa fermeture .Nous disons un seul mot, RESISTEZ  NOUS SOMMES AVEC VOUS.

Armand  Roger Biloa  Mballe

Pour le Sphinx  Hebdo

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,