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27 novembre 2020

Comment nous pouvons gagner la guerre contre le terrorisme


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23 novembre 2015

Après des attentats sanglants les dirigeants politiques ont tendance à privilégier une riposte de style robocop. Mais est-ce la bonne réponse ? La War on Terror de Bush n’a fait que ranimer le terrorisme et par-dessus le marché elle a engendré Daech. Allons-nous aujourd’hui réitérer cette faute ?

Le terrorisme touche la société dans son âme, délibérément. C’est pourquoi il faut tout mettre en œuvre pour fournir une riposte aux terroristes et les éliminer radicalement. A cet égard une approche anti-terroriste ne doit satisfaire qu’à un seul critère : elle doit être efficace, toucher le terrorisme en son coeur. On peut se demander si l’approche actuelle dans notre pays et en France est la réponse adéquate. On peut même se demander si nos dirigeants politiques sont disposés à mener la lutte à fond, c’est-à-dire jusqu’à la racine du mal. Car de très nombreux intérêts sont en jeu, et une approche en profondeur est en opposition avec le cours actuel de la politique en Europe occidentale.

Dans cet article nous irons d’abord à la recherche des causes plus profondes des attentats terroristes. Ensuite nous examinerons pourquoi l’approche actuelle est contreproductive. Enfin nous avancerons quelques propositions sur une approche en profondeur.

1. Le terreau nourricier

On ne combat pas une maladie en s’attaquant aux symptômes, mais bien en éliminant les causes ou le substrat. On a déjà beaucoup écrit sur ce terreau de culture. Il nous faut rechercher les causes des attentats terroristes passés tant à l’étranger que dans le pays. Si on combine la stratégie de la radicalisation djihadiste avec la haine vis-à-vis de la communauté musulmane et avec l’islamophobie, on obtient un cocktail explosif. Réexaminons les différents éléments.

A. Radicalisation (1) made in USA

L’invasion de l’Irak en 2003 a conduit à la faillite de l’état. Washington a opté pour la stratégie « diviser pour régner ». Les forces laïques ont été délibérément éliminées et les chiites ont été montés contre les sunnites. Le terrorisme contre la population sunnite a formé un terreau idéal pour les djihadistes. L’Arabie saoudite et le Qatar n’ont pas manqué d’offrir leurs services. C’est de cet ensemble de djihadistes extrémistes qu’est issu l’État islamique.

La profession de foi extrémiste de l’EI, de al-Qaeda et d’autres groupes terroristes islamistes n’est pas simplement tombée du ciel. Ils sont le produit d’une diffusion systématique sur une longue durée du wahabisme par l’Arabie saoudite. Le wahabisme est un courant ultraconservateur qui diffère peu du califat en matière de credo et de pratiques. Dans le passé l’Arabie saoudite a formé environ 45.000 cadres religieux à l’étranger.

Le pays finance des dizaines de chaînes satellitaires et des centaines de sites internet. Les Saoudiens ont investi à ce jour 87 milliards de dollars pour diffuser le wahabisme dans le monde entier, pour construire des mosquées et rémunérer des imams. Cela s’est fait et cela continue de se faire non seulement dans nos contrées mais aussi en Asie, en Afrique et bien sûr au Moyen-Orient (2). Il n’est pas exagéré de parler d’une wahabisation de l’islam.

Revenons au théâtre des opérations. En Syrie tout comme en Irak la carte confessionnelle a été tracée. L’Occident voulait depuis longtemps être quitte d’Assad. Dès 2006 divers groupes dissidents ont été financés par les Etats-Unis (3).

En 2009, deux ans avant le printemps arabe, il existait des plans britanniques pour une invasion de « rebelles » (4). Les USA ont soutenu non seulement des groupes modérés, mais ils ont aussi financé des djihadistes radicaux, qui allaient ultérieurement passer à des organisations terroristes comme al-Nusra et l’EI (5). En 2011 les manifestations non violentes ont rapidement dégénéré en guerre civile. Du côté des rebelles les djihadistes l’ont emporté grâce au soutien massif des Etats du Golfe, de la Turquie et de la Jordanie. Cet appui allait à des organisations terroristes comme al-Nusra et al-Qaeda (6).

En 2012 les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne organisèrent conjointement avec la Turquie et la Jordanie un camp d’entraînement pour les rebelles syriens en Jordanie. Une partie de ces rebelles se sont ralliés par après au califat. Une gaffe similaire a encore été reproduite en 2015.

En 2012 les autorités à Washington connaissaient déjà la création plausible d’un état islamique dans certaines parties de l’Irak et de Syrie. C’était en effet ce que souhaitaient les pays islamiques soutenant l’opposition anti-Assad. Un tel état affaiblirait fortement Assad et porterait un coup à la coalition entre la Syrie, l’Irak et l’Iran (7). Le gouvernement étatsunien savait parfaitement ce qu’il faisait. La suite de l’histoire, nous la connaissons.

B. Qui sème la haine et l’humiliation récoltera la radicalisation

Les musulmans sont de plus en plus les boucs émissaires de notre société. Ce groupe est systématiquement relégué, sur tous les plans possibles. Chômage, retard en matière d’enseignement et pauvreté les touchent disproportionnellement. Ils sont systématiquement discriminés dans la recherche d’un emploi ou d’un logement. Depuis le 11 septembre l’intolérance à l’égard de l’islam connaît une courbe montante, avec l’interdiction du voile comme combat d’avant-garde. L’agression publique augmente en parallèle avec les messages de haine sur Facebook, insultes crachées aux enfants, apostrophes en rue …

La police les contrôle avec une fréquence excessive et ils sont davantage criminalisés et internés que d’autres groupes (8). Ils se sentent de moins en moins les bienvenus (9) et sont de plus en plus confrontés à des partis politiques et à des médias qui attisent la haine à leur encontre. En outre cette haine est dirigée contre leur identité la plus profonde, à savoir leur religion.

Surtout chez les musulmans jeunes cela peut entraîner des problèmes existentiels. Ils n’ont quasi aucune perspective et ils vivent leur crise d’identité différemment de leurs parents. Oui, ils sont nés ici mais ils ne se sentent pas les bienvenus, même en faisant de leur mieux. Pour réussir à s’affirmer et à revendiquer leur place dans notre société, beaucoup se rabattent, logiquement, sur la culture et la foi. Elles au moins leur offrent un ancrage. Mais en retour cela renforce l’islamophobie ambiante et c’est ainsi que se crée une polarisation auto-renforcée.

Depuis 2008 les USA ou leurs alliés ont envahi ou bombardé huit pays : l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Somalie, la Libye, le Mali, l’Irak en la Syrie. Comme par hasard, tous des pays musulmans. Et n’oublions pas Gaza, qui, depuis 2008, a déjà été dévasté trois fois par des bombardements à grande échelle. Il ne faut pas énormément d’empathie pour imaginer combien tout cela interpelle une population déjà frustrée.

Il faut y ajouter un autre élément important, à savoir la wahabisation déjà évoquée de l’islam. Dans les pays occidentaux, jusqu’à présent, la foi musulmane n’a jamais obtenu une place à part entière. En Flandre par exemple, seule une mosquée sur dix est reconnue officiellement, et la communauté musulmane obtient des moyens financiers absolument insuffisants. Donc, pas étonnant que si peu d’imams parlent néerlandais. Pour vous donner une idée, le montant que l’Arabie saoudite investit dans le monde pour diffuser le wahabisme est 100.000 fois plus important que le subside public de la région flamande aux mosquées l’année dernière.

Dans le reste de l’Europe occidentale la situation n’est guère meilleure. L’Arabie saoudite en a profité pour faire la promotion de sa version de l’islam. Pas besoin de chercher bien loin pour découvrir la raison pour laquelle l’Arabie saoudite a les coudées si franches : la Belgique est le principal fournisseur de munitions et le deuxième fournisseur d’armes légères à l’Arabie saoudite. De 2008 à 2011 les pays de l’UE ont autorisé l’exportation d’armes en Arabie saoudite à concurrence de 17,3 milliards (dont 1,7 milliard pour la Belgique) d’euros. Le port d’Anvers prévoit un investissement de plusieurs milliards d’une firme saoudienne, dont un responsable a des liens avec al-Qaeda.

La conséquence de tout cela c’est que l’islam en Europe et en Belgique a un courant intégriste (10) puissant qui se diffuse via des chaînes satellitaires, des sites web, des livres, des organisations et un certain nombre de mosquées. C’est à partir de ce courant que des jeunes sont recrutés pour aller rejoindre l’EI.

2. Effet inversé

L’approche musclée des gouvernements français et belge vis-à-vis des attentats plaît sans doute à l’opinion publique, mais elle dénote une vision à court terme et elle ne fera qu’aggraver la situation sur le long terme. Nous distinguerons une fois encore la situation dans le pays et à l’étranger.

A. L’huile sur le feu

Après les attentats, la France a promptement expédié des bombardiers sur Raqqa, capitale de l’Etat islamique. « Nous sommes en guerre » a déclaré le président Hollande. Bizarre qu’il le remarque seulement aujourd’hui, car ces cinq dernières années les Français ont fait la guerre en Côte d’Ivoire, en Libye, en République Centrafricaine, en Irak et en Syrie. Quoi qu’il en soit, la question est de savoir si les bombardements présents et futurs en Irak et en Syrie sont une option avisée.

L’an dernier les bombardements contre l’État islamique n’ont pratiquement pas produit de résultats. En tout cas les seules attaques aériennes ne réussiront jamais. Une invasion (de troupes au sol) paraît du reste exclue et ferait d’ailleurs entièrement dégénérer la situation (11).

Les aventures passées en Afghanistan, Irak et Libye ont produit une débâcle absolue. Il est possible d’affaiblir le califat au moyen de drones et de bombes, mais du point de vue de la propagande on ferait exactement le jeu de l’état islamique. Les bombardement renforceront la conviction que l’Occident est le véritable ennemi du monde arabe.

Plus que jamais le califat pourra se targuer d’être le défenseur de l’islam contre les agresseurs étrangers et il renforcera ainsi son attractivité pour les musulmans fanatiques du monde entier. Sur le terrain et plus précisément en Irak, les sunnites seront encore plus nombreux à se joindre à l’État islamique. Bref, à terme les bombardements ne feront que profiter à l’Etat islamique.

B. Cercles vicieux et cadeaux du ciel

Dans un climat d’intégration ratée et d’islamophobie latente, des attentats comme ceux de Paris entraînent une recrudescence de la haine des musulmans dans de larges couches de la population. Les messages de haine à l’encontre des étrangers, et en particulier des musulmans, avaient déjà frôlé de nouveaux sommets au cours du récent afflux de réfugiés. Les événements du 13 novembre en rajoutent une fameuse louche. Si en plus les autorités envoient des signaux qui renforcent les réactions viscérales, comme passer au crible tous les imams ou contrôler l’enseignement à domicile de musulmans, alors on va perdre toute modération.

Et comme après Charlie Hebdo, la violence ne restera pas seulement verbale. On peut s’attendre à une violence physique accrue contre les symboles de l’islam et les musulmans. La population musulmane sera visée plus que jamais et devra s’endurcir encore pour s’affirmer. Le courant intégriste utilisera habilement ce contexte pour renforcer son influence et son impact, ce qui en retour favorisera la radicalisation et accroîtra encore l’islamophobie. Et la boucle sera bouclée.

Il y a un second cercle vicieux (en vue). Les attentats terroristes sont un don du ciel pour l’extrême-droite. La droite prospère au mieux dans un climat d’angoisse et de terreur. Un renforcement de la droite signifie le détricotage de l’État-providence allant de pair avec l’établissement d’un état policier – le second point étant une condition du premier. Aussi les récents attentats et l’appel à plus de mesures de sécurité profitent-ils beaucoup à l’actuel gouvernement de droite. Mais un dépérissement aggravé de l’État-providence touchera surtout les plus faibles de notre société et donc aussi les musulmans. Cela veut dire que leurs conditions de vie non seulement existentielles mais aussi matérielles seront encore davantage mises sous pression. La perspective d’une vie décente pour les jeunes musulmans sera encore plus réduite qu’auparavant, ce qui va enrichir le terreau de la radicalisation. Ici aussi, la boucle est bouclée.

Il y a une deuxième raison pour laquelle les attentats de Paris sont un cadeau du ciel à la droite : ils attisent le racisme. Le racisme détourne l’attention de la lutte socio-économique. L’ennemi, ce n’est plus le 1 % de richards qui accumulent des fortunes sur le dos de la population laborieuse, non, l’ennemi, ce sont les gens qui ont une couleur de peau, une culture ou une foi différente. Le racisme monte des segments de population les uns contre les autres et divise la population active. On tape sur ceux d’en bas plutôt que sur ceux d’en haut. C’est bien commode pour l’élite capitaliste. Ainsi elle reste hors d’atteinte et voit s’affaiblir le mouvement ouvrier.

La stratégie « diviser pour régner » a fait ses preuves. En Allemagne dans les années ’30 la population laborieuse a été enivrée par de fortes doses d’antisémitisme, et une fois qu’elle a été suffisamment étourdie, les syndicats ont été éliminés. Pour le mouvement ouvrier d’aujourd’hui, le piège est de se laisser entraîner par la hargne anti-musulmane. Pour les musulmans, c’est le repli sur soi et le risque de se retrouver isolés. Plus que jamais, l’unité est nécessaire.

3. Une approche anti-terroriste draconienne

Une approche anti-terroriste draconienne est indispensable. Elle doit aller en profondeur, c’est-à-dire atteindre les causes. Et comme les causes sont multiples, cette approche doit également être multiple. Nous en donnons ici quelques ébauches, en différenciant à nouveau le national et l’étranger.

A. Etranger

1*. Le califat et autres groupes djihadistes en Syrie et en Irak doivent immédiatement être asséchés financièrement. La première conséquence est que les pays d’où affluent les fonds destinés aux groupes terroristes seront également mis à sec : Arabie saoudite, Qatar, Koweit … Les sanctions des dix dernières années contre l’Iran indiquent que cela peut fonctionner. En second lieu, les livraisons d’armes à ces pays doivent cesser.

2*. Il faut miser au maximum sur une solution négociée, tant en Syrie qu’en Irak. Cela doit se faire sous les auspices de l’ONU. Des forces de maintien de la paix onusiennes devront superviser l’application et le respect des accords.

3*. L’intervention militaire occidentale doit cesser.

4*. Il faut enfin travailler sérieusement à résoudre la question palestinienne (12). Il faut prendre des sanctions économiques contre Israël jusqu’à ce qu’il ait respecté les résolutions onusiennes du passé.

B. Intérieur

1*. Tous les djihadistes potentiels et leur recruteurs doivent être immédiatement appréhendés. Dans un passé récent, les autorités fédérales ont empêché toute intervention contre certains individus radicalisés voire dangereux. C’est inconcevable.

2*. Les performances des services de renseignement doivent s’améliorer. Il faut parvenir à une meilleure collaboration entre ces différents services nationaux et à un contrôle plus ciblé des malfaiteurs potentiels, tout en garantissant le plus possible la vie privée et les droits de l’homme. Il ne s’agit pas d’un simple exercice d’équilibre : ce doit faire l’objet d’un débat sociétal approfondi.

3*. Tous les acteurs concernés doivent participer à la prévention de la radicalisation des jeunes : famille, maisons des jeunes, éducateurs de rue, enseignants et mosquées.

4*. Il faut créer des programmes de dé-radicalisation et de réintégration des personnes radicalisées. Actuellement, dans le cas de combattants revenus de Syrie, ces personnes sont soit internées (sans accompagnement psycho-social), ce qui augmente encore le risque de radicalisation, soit elles sont abandonnées à leur sort. . Un exemple de cette approche est le centre bruxellois « De Weg naar ».

5*. Le financement du wahabisme et d’autres courants religieux extrémistes doit être empêché par la contrainte. Inversement, il faut soutenir les projets innovateurs de musulmans jeunes ou moins jeunes qui étudient l’islam avec un esprit ouvert.

6*. Il faut une reconnaissance à part entière de l’islam, y compris par des moyens financiers suffisants. Une telle reconnaissance permettra aussi d’établir des normes qui devront être respectées.

7*. Il faut mettre en place une gestion de l’intégration qui soit sérieuse et digne de ce nom, ainsi qu’une gestion cohérente de la lutte contre la discrimination.

8*. Il faut établir un Plan Marshall pour éliminer l’exclusion sociale et la pauvreté. Cela implique notamment la création d’emplois, des investissements sérieux dans le logement social, la réduction de la fracture dans l’enseignement … Pour un pays aussi riche que la Belgique, réduire la norme de pauvreté ou du chômage à moins de 3 % (13) ne peut constituer un problème.

Voilà les premières ébauches visant à aborder les causes du problème. L’actuelle approche de style robocop des gouvernements belge et français ne fait que combattre les symptômes. A nous de contribuer à obtenir une approche plus approfondie.

Notes :

1. Le terme “radicalisation” est devenu usuel mais c’est une dénomination erronée. Etre radical signifie littéralement revenir aux racines et se comporter en conséquence. Pas de problème en soi. Ainsi “radical” est un terme qu’affectionne la responsable NVA Homans pour se définir. La NVA est un parti populiste de droite. “Radical n’est pas synonyme d’asocial” https://www.n-va.be/nieuws/radicaal… ; ou encore : https://www.n-va.be/persbericht/vla…. Le terme “fanatisme” convient mieux. Il connote davantage la foi aveugle et irrationnelle ainsi que l’intolérance à ceux qui pensent autrement. Mais le verbe “fanatiser” est moins utilisé que radicaliser.

2. cf Ali T., The Clash of Fundamentalisms. Crusades, Jihads and Modernity, Londres 2003, p. 323ss ; Bokhari K. & Senzai F., Political Islam in the Age of Democratization, New York 2013, p. 90ss ; Rashid A., Jihad. De opkomst van het moslimfundamentalisme in Centraal-Azië, Amsterdam 2002, p. 228ss.

3. . Bensaada A., Arabesque$. Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes, Bruxelles 2015, p. 148ss ; ‘U.S. secretly backed Syrian opposition groups, cables released by WikiLeaks show’, https://www.washingtonpost.com/worl….

4. C’est ce qu’a révélé l’ex-Ministre des Afaires étrangères Roland Dumas. https://www.youtube.com/watch?v=HI2…, à partir de 27’35”.

5. Cela ressort notamment d’une interview d’Al Jazeera avec Michael Flynn, ancien directeur de l’U.S. Defense Intelligence Agency (DIA), http://www.aljazeera.com/programmes…. Voir également : http://www.dewereldmorgen.be/artike….

6. Joe Biden, vice-président des Etats-Unis déclarait à ce sujet : “Our allies in the region were our largest problem in Syria. The Turks were great friends, and I have a great relationship with Erdogan, [who] I just spent a lot of time with, [and] the Saudis, the Emirates, etcetera. What were they doing ? They were so determined to take down Assad, and essentially have a proxy Sunni-Shia war, what did they do ? They poured hundreds of millions of dollars and tens of tons of weapons into anyone who would fight against Assad – except that the people who were being supplied, [they] were al-Nusra, and al-Qaeda, and the extremist elements of jihadis who were coming from other parts of the world.” https://www.washingtonpost.com/news…. Voir aussi http://www.dewereldmorgen.be/artike….

7. Dans un memo on peut lire ce qui suit : “If the situation unravels there is the possibility of establishing a declared or undeclared Salafist principality in eastern Syria (Hadaka and Der Zor), and this is exactly what the supporting powers to the opposition want, in order to isolate the Syrian regime, which is considered the strategic depth of the Shia expansion (Iraq and Iran). … Isi could also declare an Islamic state through its union with other terrorist organizations in Iraq and Syria, which will create grave danger in regards to unifying Iraq and the protection of its territory.” http://www.judicialwatch.org/docume….

8. 60 % des détenus français sont musulmans alors que ce groupe ne constitue que 7% de la société. http://www.economist.com/news/brief….

9. 74 % des Français estiment ‘l’islam non conciliable’ avec la société française. Un même pourcentage d’Allemands a une attitude négative à l’égard de l’islam. Et 62% des Britanniques pensent que leur pays perdra son identité si davantage de musulmans y viennent. http://www.loonwatch.com/2013/01/eu… ; http://www.economist.com/news/brief….

10. Intégrisme signifie extrémisme religieux. La notion était initialement utilisée pour les courants réactionnaires au sein du catholicisme. Elle existe dans pratiquement toutes les religions.

11. En cas d’invasion par des troupes au sol on risque une confrontation directe entre l’Occident et ses alliés d’un côté, et la Russie, la Syrie et l’Iran de l’autre. Sans parler du Hezbollah et des rebelles kurdes. Une invasion commune des deux camps paraît exclue parce que les objectifs des différents acteurs divergent et sont parfois directement opposés. Les Etats du Golfe veulent d’une part éliminer Assad et affaiblir l’Iran et d’autre part renforcer al-Nusra et al-Qaeda. La Turquie le souhaite également, mais en plus elle veut en finir avec les rebelles kurdes en Syrie. L’Occident vise avant tout Assad et souhaite ne pas trop renforcer les milices islamistes. La Russie veut éradiquer tous les djihadistes et maintenir un régime pro-russe en Syrie. L’Iran et le Hezbollah veulent renforcer Assad et éliminer les djihadistes (sunnites).

12. Tant lors de l’attentat du 11 septembre qu’à Charlie Hebdo il est apparu que la question palestinienne est un motif important de radicalisation. Voir par exemple : ‘The way for Americans to take on the Islamic state is to end support for Jewish nationalism, http://mondoweiss.net/2015/11/ameri….

13. Cfr. Le critère de Maastricht relatif au déficit public.

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

Source : www.investigaction.net


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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,