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26 février 2021

La famine… rareté de nourriture ou extermination systématique ?


Alahed

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Akil Cheikh Hussein

Lundi 6 juin 2016

Loin d’être une conséquence des changements climatiques, les famines ne sont plus un produit exclusif du pillage colonial et de l’ajustement structurel. Elles sont devenues maintenant une forme efficace d’extermination visant à réduire la population mondiale de quelques milliards à quelques millions.

L’Observer britannique a publié, le 22 mai, un rapport sur la famine. Selon ce rapport, des dizaines de millions d’Africains sont menacés de mourir de faim en raison de la rareté des produits agricoles et des changements climatiques.

Critiques et propositions pour faire diversion

Cette information a été relayée par d’autres mass-médias et étayée par davantage de chiffres sur les nombres galopants des affamés, et de photos présentant des affamés transformés en squelettes, ainsi que de foules qui concurrencent et se bagarrent devant un camion d’aides humanitaires chargé de pain sec.

Mais dans le but de répandre une fausse prise de conscience au sujet du problème et, par conséquent, pour éloigner ce dernier de toute solution possible, des discours enflammés ont hypocritement critiqué les Etats donateurs qui traînent pour ne pas fournir suffisamment d’aides aux affamés. En même temps, elles ont salué les initiatives humanitaires  visant à collecter de l’argent ou d’autres dons à cet effet.

Personne n’a pourtant attribué des causes à ce phénomène en dehors de la rareté des nourritures et des changements climatiques.

Si certains ont osé signaler des causes politiques, celles-ci ont été trouvées dans des pays pauvres et chez des responsables politiques corrompus que les cercles hégémoniques autorisent leur mise à l’index pour les renverser non parce qu’ils sont corrompus, mais parce que les intérêts géopolitiques de ces cercles l’exigent.

Certaines idées «audacieuses» au sujet des causes de la famine ont fait leur apparition, par exemple, lors du Sommet Mondial de l’Action Humanitaire qui, pendant deux jours, s’est tenu au début de la semaine à Istanbul. L’une de ces idées est inspirée de l’anecdote du «poisson et de l’hameçon» : Elle rejette le fait de fournir des aides financières qu’elle considère  responsables de la pérennité de la famine dans la mesure où les affamés vivent pour attendre les aides. D’autre part, elle demande une approche de la question dans le cadre de la recherche de solutions liées au développement. Bien sûr, on ne peut pas considérer les partisans de cette opinion comme exempts d’hypocrisie car le développement qui attire beaucoup d’attention apparente et pour lequel se tiennent beaucoup de conférences et de sommets mondiaux n’a jamais constitué une solution au problème  de la faim, car il s’est révélé lui-même un moyen d’enrichissement des entreprises occidentales et de leurs agents dans les sociétés locales.

Personne n’a évoqué les véritables causes de la famine. C’est-à-die le pillage colonial qui a été pratiqué durant des siècles dans les pays du Tiers-monde et les opérations  d’ajustement structurel qui ont conduit à l’appauvrissement de ces pays en y détruisant les secteurs agricoles et productifs.

Repas chauds

Personne n’a non plus évoqué la famine en tant que domaine lucratif de l’investissement capitaliste. Par exemple, des instances influentes ont donné l’occasion à des entreprises occidentales de faire des gains faramineux en inventant une solution de la famine dans un pays pauvre en lui fournissant, pour un jour ou deux, des repas chauds préparés en Europe.

Dans le même sens, des dissensions ont éclaté, dans le sommet précédemment mentionné, entre des organisations non-gouvernementales, d’une part, et des Etats, d’autre part, pour le partage de fonds destinés aux affamés et aux sinistrés dans le monde.

Le fait même d’évoquer la famine en tant que conséquence du pillage colonial et des ajustements structurels n’est plus significatif, bien qu’il soit vrai, lorsqu’on entend répandre une prise de conscience du problème et des formes de luttes nécessaires pour l’affronter. Quand une cinquantaine d’âmes humaines meurent annuellement de faim dans le monde, la famine devient une forme efficace d’extermination massive et sciemment préméditée et planifiée.

A  côté des guerres, de la culture des maladies, de l’industrie agro-alimentaire, des pesticides agricoles et des catastrophes climatiques issues de la sauvagerie de la civilisation industrielle et consommatrice, la famine participe dans le génocide d’un grand nombre d’humains. Cela se fait conformément à des plans diaboliques qui visent à réduire la population de la planète de quelques milliards à quelques millions de nantis qui désirent vivre sans qu’ils ne soient concurrencés pour les sources -qui ont commencé à se tarir à des vitesses vertigineuses-  de la nourriture, de l’eau et de l’air …

La nouvelle prise de conscience est nécessaire plus que jamais pour faire face à la conscience intoxiquée qui s’est répandue avec beaucoup d’efficacité par les cercles hégémoniques.

L’un de ceux qu’on présente en tant qu’experts ou spécialistes donne une définition de la famine comme étant l’incapacité d’ «acheter» la nourriture. Une telle définition signifie que la seule solution du problème est la possession de l’argent pour «acheter».

A la place d’une telle conscience intoxiquée qui force les gens à accepter le statut de consommateur et de mendiant condamné à mourir de faim en fin de compte, il faut agir pour une conscience nouvelle qui pousse les gens à rechercher leur salut et leur véritable liberté en recouvrant leur fonction en tant que producteur de la richesse et de la nourriture et, par conséquent, comme constructeurs de pays indépendants, libres et dignes.

Source : French.alahednews

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,