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8 décembre 2021

Nous, abstentionnistes » par Yves Raynaud (1)


Un penseur révolutionnaire, ancien situationniste, ami de Guy Debord et de Raoul Vaneigem, vient de publier un long texte intitulé « Abstention Président » dont je vais citer des extraits, car cette réflexion me parait salutaire à quelques mois du nouveau sacre élyséen…

Vingtras
historien,auteur-réalisateur de films
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Nous, abstentionnistes depuis bien longtemps, n’avons jamais été indifférents à ce qui se passe dans le monde, sinon nous aurions été incapables d’en faire un état des lieux aussi exact car nous savons tout de lui. Certains d’entre nous ont été à l’origine de prises de position déjà lointaines dont pourtant on parle encore. Nous avions prévu bien avant tout ce qui s’est produit dans ces cinquante dernières années ; pourtant nous ne sommes ni magiciens, ni prophètes, ni devins. Nous n’avons pas de dieu à vous imposer, aucun chef, aucun maître, aucune loi répressive, aucune restriction autre que celle qui permet la liberté de chacun en harmonie avec celle des autres. Votre choix restera le vôtre.

Plus de concurrence, d’ambitions personnelles, de réussite sociale pervertie par le pouvoir et l’argent. Plus de prédation entre personnes ; plus d’exploitation des individus par d’autres individus ; plus de ségrégation sous quelque forme que ce soit ; plus d’ostracismes entre individus ; plus de sexisme, de machisme, de racismes, d’antisémitisme. Toutes ces expressions d’un mal-vivre et d’un mal-être doivent disparaître de toute forme de vie quotidienne pour chaque individu, de la naissance à la vieillesse.

Pour cela, chacun doit prendre sa propre vie en mains, doit prendre une part personnelle à la vie en commun, à la vie de la communauté dans laquelle il vit ; ne jamais plus en démissionner par un vote qui renvoie tout à plus tard. Toutes les rencontres sont possibles, les gens ne demandent qu’à se connaître et s’apprécier. Toutes les discussions sont possibles sans agression. C’est toute la différence entre les deux formes de députation qui s’opposent radicalement ; le candidat proposé par un parti, un groupe externe à la communauté vivante, qui veut à tout prix s’imposer, contre la délégation choisie par l’assemblée générale de cette communauté, là où elle vit. Et il n’est certainement pas interdit de bien manger ni de bien boire dans ce qui doit rester avant tout une fête.

Le monde nouveau, le monde à venir, celui qui remplacera ce vieux monde de la préhistoire de l’humanité, fut pressenti bien avant nous. Il se trouvait des révolutionnaires bien avant la Révolution français. Ils devaient s’exprimer sous des pseudonymes ou laisser apparaître leurs manuscrits à leur mort. Certes avec quelques erreurs, quelques bêtises même : comment vraiment imaginer un monde nouveau ? Ce vieux monde ne nous lâche pas comme ça ! Mais ces erreurs sont constructives , nous savons beaucoup mieux ce que nous devons faire et ne pas faire.

Nous proposons de lâcher ce vieux monde en ne participant plus à ses singeries pour vous occuper à la place de vos propres affaires, vous-mêmes, avec les autres, mais pas les uns contre les autres. Les intérêts ne deviennent opposables que lorsqu’une partie minoritaire se fait prédatrice afin de vivre en parasite sur le reste de la communauté. Dans sa nature l’individu humain n’est pas prédateur autrement que pour se nourrir. Et nous savons désormais comment faire pour nourrir la planète sans la détruire, comme tous les autres animaux qui savent aussi le faire pour chacune des espèces. »

à suivre…

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