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17 juillet 2024

Une Libye libyenne


UNE LIBYE LIBYENNE

Les boues ont enseveli les vies ne laissant plus que des incertitudes, des attentes déchirantes et parfois de la colère. De l’autre côté de la Méditerranée, après l’émotion suscitée par les images des parties ravagées de l’Est libyen, ce n’est pas la boue mais l’oubli qui englue les pensées. En France, le peuple a autre chose à se dire que ce fut quand même en son nom qu’on porta la guerre là-bas, en Libye. Un fait divers. Ses conséquences : d’autres faits divers.
C’est en Libye, où les dieux grecs allaient cacher leurs amours, qu’on est allé mettre le chaos. Qu’est-ce qui serait le plus acceptable pour notre confort psychique : croire à l’inaptitude des responsables, en 2011, à envisager les conséquences désastreuses d’interventions militaires ? Penser qu’ils étaient un peu ou parfaitement en mesure de les envisager mais que d’autres intérêts, peut-être personnels, ont primé ? Le confort, après tout, c’est de ne pas voir ou d’oublier.
L’apaisement qu’attendent les familles des victimes de la catastrophe de Darnah et de sa région n’est pas toujours au rendez-vous : l’immense bonne volonté des uns et des autres a besoin aussi de se reposer sur des infrastructures saines et solides qui font défaut pour l’instant.
Au-delà de la désunion Est/Ouest, des particularismes des régions, des identités, il y a une exigence d’unité pour garantir la sécurité des personnes, pour empêcher d’autres catastrophes ou de limiter leur impact sur la population et l’environnement.
Les Libyens, eux seuls, seront en mesure de jeter les bases d’une telle unité et de combattre ceux qui tirent avantage des divisions. A eux de décider des fondements dans lesquels s’ancrera cette unité pour que la Libye reste aussi libyenne, pour qu’aucun qualificatif désignant un autre pays ne vienne s’accoler au nom de la Libye.
Isabelle TREMOULET

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