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21 octobre 2020

Tunisie : L’affaire Belgacem Ferchichi et la défense mensongère du parti Ennahdha P


Tunisie : L’affaire Belgacem Ferchichi et la défense mensongère du parti Ennahdha

Publié le24 Août 2012

par Allain Jules

 

La sagesse populaire commande de se taire pour laisser passer l’orage. “Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse” disait le loup dans le poème d’Alfred de Vigny intitulé “la mort du loup”. Or, dans le dossier Belgacem Ferchichi du parti Ennahdha au pouvoir en Tunisie, l’attaque et les accusations fantaisistes semblent être la tactique. Une bien mauvaise. Au contrairement, c’est une thèse qui risque d’avaliser le fait que, un militant de premier ordre du parti au pouvoir est un malfrat. Pire, un délinquant multirécidiviste même. Explications.

L’inquiétant zigzag de la défense d’Ennahdah

La ligne est linéaire. Il n’y a pas de quiproquo, M. Belgacem Ferchichi a bel et bien été arrêté à l’aéroport d’Orly, en compagnie d’autres personnes avec de fortes sommes d’argent. Tout de go, lorsque l’affaire a été révélée, il s’est débattu comme un beau diable en arguant qu’il avait été victime uniquement d’un contrôle de routine. Finalement, sous la pression, son propre parti a reconnu qu’il y avait eu effectivement arrestation à Orly, du conseiller du premier ministre tunisien. Premier mensonge donc du sieur. Le parti Ennahdah prenant le relais, est alors entré dans des explications alambiquées, entre mandat d’amener et notice rouge d’Interpol. Pour le premier cas, il est pratiquement impossible car, il ne peut émaner que des juges tunisiens. Quant au cas d’Interpol, le parti Ennahdah, telle une mouche qui patauge dans la bouse, oublie un détail : la Constitution d’Interpol. Cette dernière est politiquement neutre et par conséquent, si Belgacem était poursuivi par le régime Ben Ali pour des raisons politiques, il est quasiment impossible que son nom figure dans les fichiers d’Interpol.

En revanche, puisque l’organisation internationale s’occupe de certains délits bien spécifiques,  crime organisé, blanchiment d’argent, trafic de drogue et terrorisme, c’est à Ennahdah de nous expliquer, de quoi son militant est accusé.  Ce serait cocasse et surtout intéressant. 

Le régime Ben Ali ou le prétexte idéal

Coupable d’un fait délictueux, il est plus respectable d’assumer ses responsabilités, que de s’en prendre au régime Ben Ali. Oui, à cette dictature qui a sévit durant des décennies, aucune excuse. Mais, il faut avancer, et non resté figé, obtus.  Épinglé dans la mauvaise gestion des affaires de l’Etat, en flagrant délit d’un manque criard de probité, Ennahdah cherche des échappatoires mal ficelées.  Le prestidigitateur Ben Ali est le seul dirigeant politique au monde à avoir réussi à imposer à Interpol un opposant politique. Une blague de très mauvais goût. La justice tunisienne et Interpol nous ont confirmé, hier, qu’il n’y a eu à ce jour,  que 96 tunisiens fichés et recherchés pour crimes de sang, usage d’armes à feu et d’explosifs, terrorisme, contrefaçon, vol, fraude, extorsion de fonds et crimes sexuels…Alors, quel est le délit de Belgacem Ferchichi parmi ceux pré-cités puisque le volet politique est nul et non avenu ? Des 96 mandats de recherche concernant des Tunisiens émis par Interpol, la Tunisie n’est à l’origine que de 56. L’Italie, 34; La Libye, 5; les Emirats Arabes Unis, 1 et  Singapore, 1.

Ennahdah qui se réclame de la religion, c’est à dire de la vertu, doit montrer l’exemple, et non se réfugier dans le mensonge. Parler aujourd’hui de l’hypocrisie d’Ennahdah, c’est un pléonasme…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,