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25 novembre 2020

L’Afrique du Sud adopte le « Made in colonie juive »


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L’Afrique du Sud adopte le « Made in colonie juive »

samedi 25 août 2012, par La Rédaction

« Discriminatoire », « raciste ». Au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, on n’a pas de mot trop fort pour protester contre la décision du gouvernement sud-africain d’apposer un label spécial sur les importations en provenance des colonies juives de Cisjordanie. Sur sa page Facebook, le numéro deux du ministère, Danny Ayalon, n’a même pas essayé de garder le ton feutré de la diplomatie. « Malheureusement, il apparaît que l’Afrique du Sud reste un pays d’apartheid. Un apartheid dirigé aujourd’hui contre Israël et aussi contre ses propres mineurs grévistes. Au lieu de décider de marquer les produits israéliens, le gouvernement sud-africain aurait mieux fait de prendre une décision courageuse à l’égard de 34 mineurs innocents qui voulaient seulement améliorer leurs conditions de travail… » Des propos furibonds assortis d’une protestation officielle à l’endroit de Pretoria, lors d’une rencontre entre l’ambassadeur sud-africain, Ismaïl Coovadia, et l’un des responsables du département Afrique au ministère.

Du côté du maire de la grande colonie de Maalé Adoumim, aujourd’hui une ville de près de 40 000 habitants, on n’est pas en reste. Mais avec une autre tactique : celle de la défense des Palestiniens. Dans une lettre adressée au chef de la diplomatie sud-africaine, Benny Kashriel explique que « cette politique de Pretoria va finalement porter atteinte aux Palestiniens employés dans l’agroalimentaire israélien. » Et de donner l’exemple des entreprises situées dans le parc industriel de sa ville où, selon lui, travailleraient 2 500 palestiniens de Cisjordanie. « Tout dommage à ces usines entraînerait leur fermeture et donc le licenciement des travailleurs palestiniens », menace Kashriel, qui ajoute : « La décision sud-africaine pourrait provoquer un contre-boycott visant les produits palestiniens, ce qui porterait atteinte au commerce palestinien. » En clair, loin de punir Israël, la décision sud-africaine se retournerait contre ceux qu’elle entend protéger !

Pourtant, à Ramallah, l’Autorité autonome n’a pas attendu pour montrer sa satisfaction et appeler les pays de l’Union européenne à faire de même. Les dirigeants palestiniens seront-ils entendus ? Jusqu’ici, l’Europe s’est contentée de lancer des avertissements à Israël. Voire, comme en mai dernier, de menacer. Mais, concrètement, tout est resté lettre morte, et cela en dépit de la législation européenne qui exclut les produits des colonies de la liste des importations israéliennes bénéficiant de tarifs préférentiels.

En fait, selon l’accord d’association signé il y a douze ans avec l’UE, Israël est obligé d’indiquer le code d’origine de chaque cargaison. À l’arrivée, les autorités douanières des pays membres contrôlent le bien-fondé de l’information à l’aide d’une liste des codes-barres attribués aux implantations juives de Cisjordanie. Cependant, selon l’Observatoire des droits de l’homme, une ONG basée à Jérusalem, les Israéliens auraient réussi à contourner le règlement en apposant le code non pas des colonies mais des entreprises dont les bureaux sont situés à l’intérieur d’Israël. À cela s’ajoutent les pressions exercées, au sein même de l’Europe, par certains gouvernements et des organisations pro-israéliennes afin d’atténuer ou même d’annuler la portée de ces mesures douanières. En face : les mouvements pro-palestiniens qui, eux, prônent le boycott des produits issus des colonies, voire de tout ce qui vient d’Israël.

Pourtant, l’année 2013 pourrait être celle du changement. Début janvier, l’Irlande assumera la présidence de l’UE. Or le chef de la diplomatie irlandaise serait favorable au boycott direct des importations en provenance des colonies. Il y a quelques mois, le Irish Times rapportait l’une de ses déclarations : « Nous nous sommes toujours opposés à l’idée de boycott envers Israël. Mais je pense qu’il faut faire la distinction entre Israël et les colonies. » D’où l’inquiétude à Jérusalem, qui s’est transformée en grosse colère. Et si le précédent sud-africain allait faire des petits ?

(25 août 2012 – Par Danièle Kriegel)


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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,