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24 novembre 2020

Libye : le FMI fait semblant par Ahmed Halfaoui


http://www.lesdebats.com/editions/040212/les%20debats.htm

 Libye : le FMI fait semblant

On continue à faire semblant, malgré tout. Le problème est que les mensonges, qui ont accompagné la «révolution» arrivent de moins en moins à entretenir l’illusion d’une «démocratie» en marche. La bande interlope censée représenter la «Libye nouvelle» n’aide pas à la tâche. Les «révolutionnaires» ne semblent pas prêts à se départir du pouvoir, qui leur a été offert par les bombardiers de l’OTAN, sans s’assurer de leur part de richesse. Dur, dur de mentir encore et encore sur un pays dont l’avenir est des plus sombres.

Malgré tout, la «communauté internationale», moins triomphante quand même, continue de faire comme si tout s’était bien passé. C’est ainsi que l’on peut expliquer la visite de Christine Lagarde, présidente du Fonds monétaire international. Malgré tout, elle a fait des appréciations et donné des orientations pour sortir le pays d’une situation financière «précaire».

On remarquera, en passant, que personne ne s’est étonné de cette soudaine «précarité» d’une économie qui irriguait les banques en faillite et l’Afrique.

Mais ce serait trop demander au cynisme incarné et aller trop loin, au gré de ceux qui ont, à la fois, détruit le pays et «gelé» ses avoirs souverains, au nom du soutien à la «révolution». Toujours est-il que la dame du FMI est inquiète de la situation et envisage d’aider à combler le déficit budgétaire. Le rapport qu’elle a amené sous son bras indique que «l’Etat se finance en empruntant à la banque centrale et en tirant sur ses dépôts.

La contrepartie sur le bilan de la banque centrale est une création de monnaie, principalement à travers un accroissement des billets en circulation ainsi que des soldes des comptes des banques commerciales à la banque centrale». Une très mauvaise affaire qu’on tente d’atténuer en tablant sur environ 70% de croissance en 2012. Trop facile, pourrait-on dire, quand il s’agit de partir de zéro. C’est pour cela qu’on ne parle que d’aider la Libye à relever «les défis essentiels», sous réserve que «la situation sécuritaire sera normalisée». Suivent des recommandations sur les conditions à mettre en place, surtout l’équilibre macroéconomique.

Pour ne rien gâcher, le pouvoir croupion, qui contrôle à peine ses bureaux et les communications avec ceux qui l’ont installé, a des projets de développement de la finance islamique.

Le FMI a donc proposé de l’aider à rédiger la législation, «en s’assurant que des principes législatifs et comptables adéquats soient en place, le personnel de régulation bien formé, et les produits de banque islamique présentés au grand public de manière transparente». Le FMI n’étant pas habilité à mettre de l’ordre dans le tumulte qui rend impossible toutes ses recommandations, se contente de réciter ses recettes habituelles.

Reste au CNT de se débrouiller avec les hordes qui occupent le territoire et se le disputent sans concession. Des hordes qui ne l’ont jamais fait figurer dans leur hiérarchie et qui ne reconnaissent pas en lui la moindre autorité. Mais la présidente du FMI se devait de faire le voyage.

Il le fallait bien pour que ne soit pas démenti que la Libye soit bien ce pays «libéré» et en voie de démocratisation.

Par Ahmed Halfaoui 

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,