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20 octobre 2020

Qui peut arrêter la désinformation ? par Ahmed Halfaoui


http://www.lesdebats.com/editions/160212/les%20debats.htm

 Qui peut arrêter la désinformation ?

Chaque jour qui passe apporte son lot de démentis aux flots de propagande qui pollue les médias dominant la planète. Une propagande impunie qui augure de sombres perspectives. Mais le citoyen lambda, cible de la manipulation, finira par juger du mépris dont il est l’objet. «Nous étions heureux de voir enfin le régime de Kadhafi suspendu l’année dernière», a déclaré Neuer Hillel, directeur exécutif de l’ONG sioniste «UN Watch», qui en 2010 a mené campagne pour bombarder la Libye, suivie par 70 ONG des droits de l’homme et qui reprend du service contre la Syrie. Il nous apprend aussi que «la réintégration de la Libye, soutenue par 123 États, y compris toutes les démocraties occidentales, a été réalisée précipitamment et sans aucune preuve d’un engagement envers les droits de l’homme».

Puis, il tente de nous faire croire qu’il est déçu en déclarant : «Ce n’est pas le printemps arabe que nous espérions». C’était à propos de l’hostilité du représentant CNTiste à l’égard des homosexuels. Mais c’est l’occasion de se rappeler qu’en novembre dernier l’Assemblée générale de l’ONU a admis le CNT dans son Conseil des droits de l’homme. A l’occasion, le vice-émissaire, Ibrahim Dabbashi,  a dit ceci : «La nouvelle Libye mérite de revenir dans le Conseil des droits de l’Homme pour contribuer à la promotion des valeurs de ce conseil. Aucune violation des droits de l’homme n’aura, à partir d’aujourd’hui, lieu sur le territoire libyen. Et si c’est le cas, ils seront exclus à jamais». 

Ainsi donc, la Libye a été détruite sans que les responsables de sa destruction aient la moindre preuve que la bande de Benghazi revendique la démocratie. Pourtant, les grands de ce monde et leurs satellites, acerbes, indignés, intransigeants, nous ont regardés droit dans les yeux pour nous servir leur thèse sur les «démocrates libyens» menacés par la dictature de Mouammar Kadhafi. On aimerait bien qu’ils reviennent nous en parler, mais ils ne le feront pas. Ils ont déjà tourné la page, après s’être congratulés sur le chaos qu’ils avaient prévu. Les dizaines de milliers de victimes des «révolutionnaires» et le peuple libyen précipité dans l’inconnu leur en sauront gré.

Aujourd’hui, ils sont moins nombreux à les croire et les médias-pyromanes ont beau s’escrimer, ils réussissent de moins en moins à faire passer leurs mensonges. Le Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), viennent de publier un rapport sur la situation en Syrie, sans complaisance, il faut le noter, à l’égard du gouvernement syrien. On peut y lire ceci : «Le journaliste d’ITV, Marc de Chalvron, participant à cette visite, a même raconté qu’il avait vu 15 000 personnes manifestant contre le régime sur le parvis de la mosquée de Kenj, dans le village de Kusayr. C’est un petit village de la Bekaa, sur la route Damas/Homs, à quelques kilomètres de la frontière libanaise. Or ce parvis ne fait que 12 mètres de long et ne peut contenir un tel nombre d’individus !» Seule l’impuissance des honnêtes gens permet à ce type de journaliste de continuer de régner sur la nouvelle conception de l’information.

Par Ahmed Halfaoui 

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,